Si «l’économie du pays est à terre», Jean François Ntoutoume Emane y voit l’œuvre d’un régime composé de personnes n’ayant «aucun lien charnel avec le Gabon». Des «métèques» ! C’est ainsi que l’ancien Premier ministre les a qualifiés.

Pour Jean François Ntoutoume Emane, la crise économique du Gabon est le fait des «métèques» et des «collabos». © Yotube/Gabonews

 

La crise économique actuelle préoccupe Jean François Ntoutoume Emane. Pour l’ancien Premier ministre, les responsables ne sont pas à chercher bien loin : ils sont à la tête du pays, aux commandes d’un «piètre régime», dans lequel il dit ne pas se reconnaître. Il s’agit d’ailleurs, a-t-il relevé, d’un «régime dirigé par des métèques». Entendre, «des gens qui n’ont aucun lien charnel avec le Gabon» ; des étrangers, en somme.

Si l’on se doute que le président du Mouvement patriotique et démocratique pour la refondation de la République (MPDR) se défendra de tout propos xénophobe, samedi 6 janvier, lors d’une sortie au QG de Jean Ping, il n’a pas manqué d’être précis. Il a nommément indexé Maixent Accrombessi, tout en faisant allusion à l’actuel directeur de cabinet du président de la République ainsi qu’à Samuel Dossou-Aworet, qu’il a implicitement accusé d’avoir «amassé de la richesse au Gabon au temps d’Omar Bongo» dont il était un des conseillers, en plus de son poste de représentant du Gabon à l’Opep. Selon Jean François Ntoutoume Emane, l’homme d’affaires gabono-béninois aurait gagné son face-à-face judiciaire contre Vincent Bolloré dans l’affaire liée au projet de construction du chemin de fer baptisé «Epine dorsale», grâce «aux milliards qu’il tient du Gabon».

L’ancien maire de Libreville en est convaincu, si comme les finances, «l’économie du pays est à terre», c’est la faute des «métèques» ; ces «popos diaboliques» qui, selon lui, n’ont pas d’amour pour le pays, d’autant qu’ils agiraient «sans état d’âme». Il les accuse d’«actes de destruction systématique de notre pays» et traite de «collabos» et de «mercenaires» les Gabonais de souche faisant partie de leur entourage.

Toutefois, le président du MPDR a reconnu que comme certains de ses compères au sein de l’opposition, il n’est pas «un saint». Anciens barons du régime d’Omar Bongo, ils reconnaissent avoir des responsabilités dans la situation actuelle du pays. N’y avait-il pas de «métèques» à leur époque ? Va savoir.