Pour tenter de trouver une issue à la crise qui plombe sa structure depuis plus de deux ans, le président directeur général de La Poste SA, Michaël Adandé, songerait à initier un plan social, en motivant les agents aux départs anticipés à la retraite. Le Synaposte s’en inquiète.

Un plan social se prépare-t-il à La Poste SA ? © D.R.

 

Après la vente aux enchères, en décembre 2016, de 47 véhicules qui, selon les responsables, ne répondaient pas forcément aux besoins de la structure, mais dont on se doutait bien que le véritable objectif était de renflouer les caisses de l’entreprise, l’on s’achemine vers «un plan social» à La Poste SA. C’est en tout cas, le sentiment d’une partie des agents de cette entreprise publique, particulièrement ceux affiliés au Syndicat national des agents de la Poste (Synaposte). L’objectif visé par cette prétendue opération, croient-ils savoir, c’est d’alléger les effectifs de l’entreprise empêtrée dans une crise financière depuis plus de deux ans.

«Le P-DG a sorti (récemment) une note d’information à l’attention du personnel dans laquelle il créait une cellule pour envoyer en pré-retraite des agents n’ayant pas encore atteint l’âge de 60 ans», s’est indigné Jacques Ikapi Bivigou, le porte-parole du Synaposte sur Radio Gabon, tout s’interrogeant sur l’origine des fonds devant permettre de financer ce plan social supposé. «Il n’arrive déjà pas à payer les salaires», a-t-il fait remarquer.

Ces derniers mois, en effet, la question du paiement des salaires des agents est plutôt préoccupante à La Poste SA. «Cela fait bientôt deux mois que nous n’avons pas de salaire. Nous allons vers un troisième mois, et nous n’avons pas la bonification sectorielle annuelle qui aurait dû nous être payée depuis décembre 2015, et qui était payée à partir du 20 décembre. Pourtant, nous avons la preuve que des fonds ont été décaissés pour les usagers mais qu’ils ont pris une autre destination, alors même que le P-DG avait promis qu’il la paiera», s’est plaint Jacques Ikapi Bivigou, dénonçant «une volonté délibérée» du patron de ne pas satisfaire à leurs revendications. Le Synaposte exige dès lors qu’une date soit fixée de commun accord avec la direction générale pour le paiement de leur dû.

En grève depuis quelques mois, les membres de la Synaposte que d’aucuns accusent d’être proches de l’ancien patron de La Poste SA, Alfred Mabika-Mouyama, inquiété par la justice pour sa gestion, continuent de réclamer le départ de l’actuel P-DG. «Nous estimons que lorsque l’Exécutif prend une décision, celle-ci s’applique à tout le monde. Le séminaire gouvernemental du Cap Estérias avait préconisé que les personnes atteintes par la limite d’âge devraient arrêter automatiquement (d’exercer). Notre P-DG a largement dépassé cet âge, c’est pourquoi nous disons qu’il faut qu’il parte», a expliqué le porte-parole du Synaposte.