Assimilé aux citoyens affichant clairement leur opposition radicale vis-à-vis du pouvoir établi, le bureau national de l’organisation nationale des employés du pétrole (Onep) a été écarté des négociations de sortie de crise à Maurel & Prom.

Le siège de l’Onep à Port-Gentil. © D.R.

 

Dans le compte rendu des discussions de Libreville des 10, 11, 14 et 15 mars 2017, sur le conflit de travail au sein de l’entreprise Maurel & Prom, le bureau national de l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) a pris acte de la position commune du gouvernement et des travailleurs de poursuivre les discussions sans lui.

En effet, après avoir exigé des réponses favorables à ses préalables avant toute reprise de négociation, notamment la suspension de la grève, le renforcement de la délégation des travailleurs venant de Port-Gentil, Coucal et Onal et la clarification de la position de l’Onep sur la reconnaissance ou non des institutions en place et du pouvoir établi, les ministres du Travail, du Pétrole et le directoire de l’entreprise Maurel & Prom ont réussi à écarter les leaders de l’Onep pour traiter directement avec les travailleurs.

Les négociations de sortie de crise dans ce conflit portent sur deux principaux points du blocage constaté par l’inspecter spéciale du travail au cours des discussions conduites à Port-Gentil, à savoir : le paiement d’un bonus et le paiement rétroactif des sommes dues au titre du rachat des 4C conformément aux arrêtés 208 et 62.

L’Onep représentant les travailleurs avait, avant qu’elle ne soit dispensée des négociations, demandé d’octroyer sur le bonus, une enveloppe globale de 5 milliards de francs CFA correspondant à deux mois de salaire brut par année d’ancienneté (au lieu de six mois). Enveloppe à redistribuer équitablement entre les 302 employés locaux de Maurel & Prom Gabon. Sur la rétroactivité des arrêtés 208 et 62, l’organisation a demandé l’octroi d’une enveloppe d’un milliard correspondant à une rétroactivité sur trois ans (au lieu de la période de prescription de 5 ans).

Des propositions jugées excessives par l’employeur qui à son tour, a proposé la mise en place d’une commission de travail pour étudier en détail ces deux questions.