En annonçant le 21 février la coupure de solde de 807 enseignants du primaire et du secondaire du pays observant le mouvement de grève des syndicats de l’Education nationale, le Porte-parole du gouvernement, Alain Claude Billie-By-Nze, a déclaré que le gouvernement jouera désormais la carte de la fermeté face aux grévistes.

Alain-Claude Billie-By-Nze, face à la presse le 21 février 2017, à Libreville. © Gabonreview

 

Le secteur de l’Education nationale continue sa course vers les coffins de l’impasse. En soutien aux enseignants en grève depuis la rentrée des classes en décembre 2016, les élèves de plusieurs villes du pays sont descendus, le 20 février dernier, dans les rues. Tout en admettant qu’il y a bien des revendications à résoudre, le gouvernement a déclaré ne pas avoir assez de moyens pour les satisfaire dans l’immédiat. Malgré cette déclaration nimbée d’humilité, le gouvernement a décidé d’opter pour la fermeté. Le ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Billie-By-Nze, a annoncé «la coupure de solde de 807 enseignants du primaire et du secondaire parmi lesquels 19 dans la province l’Ogooué Ivindo qui, non contents de faire grève, ont imposé aux parents de payer pour dispenser les cours». Pour lui, il s’agit de «mesures disciplinaires».

 S’exprimant à l’occasion de sa conférence de presse hebdomadaire, le Porte-parole du gouvernement a déclaré que «la situation de l’enseignement au Gabon continue de préoccuper le gouvernement de la République», mais les mouvements des élèves intervenus dans certaines villes du pays ne relèvent que de «fakes news» (Ndlr : fausses nouvelles), loin du «pays réel (qui) existe». Il dénonce avec véhémence les «les mensonges déversées sur les réseaux sociaux à coup d’images détournées et manipulées». «Il y a eu des manifestations de rue parce que les enfants sont impatients. Ils veulent repartir à l’école», a expliqué le Porte-parole avant de préciser que la vraie question, le gouvernement l’a reconnue et a indiqué qu’il n’a pas la possibilité pour payer ces vacations.

«Le gouvernement doit être à genoux parce qu’il n’a pas cette possibilité?», rien qu’à cause de ces vacations alors que les enseignants ont régulièrement leur salaire chaque mois, mais ne travaillent pas  sous le prétexte que leurs revendications n’ont pas encore été satisfaites, s’est interrogé le ministre. «Il faut faire des choix», a-t-il poursuivi. «Le gouvernement fait le choix de continuer à payer les salaires pour ceux qui travaillent, de suspendre les salaires de ceux qui ne travaillent pas», a-t-il déclaré avant rappeler une nouvelle fois que «le gouvernement fait le choix de la fermeté».

Pour lui, le durcissement qu’on observe de la part des syndiqués ne peut qu’être le fait «des enseignants manifestement et politiquement engagés dont certains leaders de ces mouvements n’ont pas caché leur implication aux côtés de certains acteurs politiques». Autrement dit, souligne-t-il, ils veulent prendre l’Education nationale en otage pour les revendications politiques dans «un contexte d’apaisement et de dialogue».

«Que voulez-vous que le gouvernement réponde face aux parents, face aux élèves ?» «On ne peut pas, d’un côté continuer à payer les salaires à des gens qui ne travaillent pas, et de l’autre côté, avoir des enfants qui n’apprennent pas et qui commencent à faire des manifestations de rue», a déclaré Alain-Claude Billie-By-Nze.

«L’école c’est l’avenir du pays», a affirmé le Porte-parole du gouvernement indiquant de même qu’ «il va donc falloir, à un moment donné, que chacun assume sa responsabilité. Le gouvernement dit nous reconnaissons et nous allons payer en fonction de ce dont dispose le Trésor aujourd’hui et chacun sait que le Trésor a des difficultés connues de tous».