Préoccupé par l’arrêt des cours dans les établissements scolaires publics depuis plus de trois mois, un collectif de parents d’élèves du 2e arrondissement de Libreville a exprimé son ras-le-bol, avant d’en appeler à l’«implication personnelle» du président de la République.

Depuis plus de trois mois, au Gabon, les élèves du public n’apprennent quasiment pas. © Maxim Nivokovski

 

Pour le collectif des parents d’élèves du 2e arrondissement de la commune de Libreville, «la situation délétère qui prévaut (actuellement) dans le secteur de l’éducation» ne peut plus durer. Il faut en finir pour le bien des élèves gabonais, dont une partie, inscrits dans les établissements d’enseignement publics «voient leur scolarité paralysée depuis quatre mois, alors que (ceux) inscrits dans des établissements privés poursuivent sereinement la leur». Pour ce collectif, qui se présente comme une structure indépendante, seul le président de la République peut mettre fin à ce blocage et trouver une solution à ce qui apparaît comme une forme d’injustice. Mais avant l’intervention du chef de l’Etat qu’ils appellent de leurs vœux, les membres du collectif souhaitent rencontrer le ministre de l’Education nationale dans les prochains jours «pour qu’il apporte des réponses claires» à leurs préoccupations.

Selon Odette Ekogha, porte-parole du collectif, la crise actuelle est voulue et entretenue par les principaux acteurs du secteur, en l’occurrence les enseignants qu’elle soupçonne d’être motivés par des questions politiques. Mais pour le collectif, certaines structures supposées défendre la cause des parents d’élèves sont également responsables de ce blocage. «Nous sommes étonnés de constater le silence complice des associations et autres fédérations des parents d’élèves censées protéger les intérêts de nos enfants», a-t-elle déclaré avec dépit, disant «refuser toute tentative consistant à transférer des frustrations liées aux litiges politiques pour les transférer sur le terrain de l’éducation, prenant ainsi nos enfant en otage».