Echaudé par l’affaire des crimes rituels à Kyé-Ossi, le président d’Ensemble pour la République (EPR) a exhorté les pouvoirs publics à prendre des résolutions fermes, «pour mettre un terme à l’impunité dont semble bénéficier les commanditaires et les exécutants de ces crimes».

Dieudonné Minlama, en 4 décembre 2017, à Libreville. © Gabonreview

 

Le parti politique Ensemble pour la République (EPR) n’est pas resté en marge des réactions autour de l’arrestation de trois Gabonais impliqués dans une affaire d’enlèvement d’enfants et de leur assassinat à des fins rituelles à Kyé-Ossi, au Cameroun. Dans une récente déclaration, en effet, le président de cette formation politique a déploré cette pratique. Et ce, «malgré les nombreuses interpellations de la société civile, des partis politiques, des confessions religieuses et de la première dame».

«Ôter la vie à des fins rituelles et fétichistes est devenu tellement banal au Gabon, au point que nous l’exportons maintenant chez nos voisins», a alerté Dieudonné Minlama. Ville camerounaise frontalière du Gabon et de la Guinée Equatoriale, Kyé-Ossi a enregistré le rapt de quatre enfants, suivi de l’assassinat de trois d’entre eux, avant que les coupables ne soient pris dans leur basse besogne. Au total, ce sont quatorze personnes impliquées dans ces crimes crapuleux dont trois Gabonais.

«Ce qui vient de se passer au Cameroun est tout simplement intolérable et impardonnable. Nous ne pouvons, une énième fois, accepter une telle horreur, une telle barbarie, une telle ignorance, un tel obscurantisme, dans une sorte de fatalisme collective, comme si cela faisait partie de nos us et coutume, de notre ADN. Tout un peuple est humilié et jeté à la vindicte populaire», a déclaré le président d’EPR.

Face à cette situation, le président de ce parti a demandé aux autorités de prendre des résolutions fermes, «pour mettre un terme à l’impunité dont semble bénéficier les commanditaires et les exécutants de ces crimes». Car, a-t-il affirmé : «Le sang des innocents n’a que trop coulé, au nom de pratiques et de croyances satanistes et crapuleuses, aux antipodes des valeurs qui fondent notre vivre-ensemble : le respect de la vie humaine, la solidarité et l’amour du prochain».

Par ailleurs, Dieudonné Minlama a exhorté les autorités gabonaises à collaborer avec la justice camerounaise, «afin que tous ceux qui sont impliqués dans cette affaire, et surtout les commanditaires, soient identifiés et traduits devant les instances judiciaires». Il a également appelé la société civile, les hommes de lois, les confessions religieuses, les lanceurs d’alerte et la première dame, à «ne pas baisser la garde et à continuer à œuvrer pour l’avènement d’un Gabon sans crimes rituels».