A l’issue du procès en appel tenu par le Tribunal spécial africain, le 27avril à Dakar au Sénégal, l’ancien président tchadien Hissène Habré a définitivement été condamné à la prison à perpétuité pour crimes contre l’humanité.

Hissène Habré quittant le tribunal de Dakar, le 3 juin 2015. © AFP/Seyllou

 

L’exprésident de la République du Tchad, Hissène Habré 74 ans, a été condamné à perpétuité ce 27 avril pour crime contre l’humanité, à la suite d’un verdict rendu lors du procès en appel devant le Tribunal spécial africain à Dakar.

Le procès s’est déroulé devant une Cour présidée par le magistrat malien Wafi Ougadèye. La Cour d’appel «confirme la décision sur les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de torture», a-t-il déclaré.

Toutefois, l’ancien président tchadien a été acquitté de l’accusation de viol. Une «infirmation partielle qui n’a aucun effet», a lancé un magistrat. Il purgera sa peine au Sénégal ou dans un autre pays de l’Union africaine. «La Cour ordonne que quelque 82 milliards de CFA soient versés à près de 7.400 victimes», a affirmé Delphine Kemneloum Djiraibé, des parties civiles.

Ce jugement vient confirmer le premier rendu en première instance en mai 2016, par les Chambres africaines extraordinaires créées après un accord conclu entre l’Union africaine (UA) et le Sénégal, où Hissène Habré s’était réfugié après avoir été renversé en décembre 1990 par l’actuel président tchadien, Idriss Deby Itno.

Hissène Habré est le premier président africain à être traduit devant une juridiction d’un autre pays et condamné pour violations présumées des droits de l’Homme, en application du principe de compétence universelle. Une commission d’enquête tchadienne accuse son régime d’avoir massacré 40.000 personnes de 1982 et 1990.

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga