La création, en France, du Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA) a été officialisée mardi 29 août. L’Elysée entend renouveler ses relations avec le continent, et en finir avec les réseaux obscurs liant les présidents français aux conseillers officieux des chefs d’Etat africains.

Emmanuel Macron – Vadim Ghirda/AP/SIPA

 

Emmanuel Macron et des membres de son nouveau Conseil présidentiel pour l’Afrique, le 29 août 2017 à l’Élysée.
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Emmanuel Macron est-il en passe d’enterrer la «Françafrique», après que ce système ait été entretenu des années durant par ses prédécesseurs ? Si rien n’est encore sûr, l’officialisation, mardi 29 août, du Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA) laisse penser que l’Elysée s’est enfin décidée à se défaire de ses relations pour le moins spéciales voire obscures avec des conseillers tout aussi occultes des chefs d’Etat du continent. Les membres du CPA devraient donc remplacer les tristement célèbres Jacques Foccart et Robert Bourgi, deux des principaux piliers de la politique africaine de l’Elysée. Deux «Monsieur Afrique» ayant, chacun à son tour, arranger les affaires du général de Gaulle, Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

Mais officiellement, le CPA, dont le bureau sera installé dans les locaux de l’Agence française de développement (AFD) se chargera de conseiller le président français. «Ni un nouveau think tank ni un fan club africain d’Emmanuel Macron», ce nouvel organe, rapporte Jeune Afrique, est un «outil de concertation et d’aide à la décision directement rattaché au président». Son objectif : «donner un nouveau visage à la relation entre l’Afrique et la France». A l’Elysée, on espère que le CPA survive à Emmanuel Macron, en partie pour éviter les erreurs commises par certains, à l’instar de Nicolas Sarkozy, lors de son discours controversé de juillet 2007 à Dakar (Sénégal), où il prétendait que l’Africain n’était pas encore entré dans l’Histoire. Avant chacun de ses déplacements sur le continent, le CPA rencontrera le président français ou ses proches collaborateurs, et travaillera à l’élaboration des discours prononcés en rapport avec l’Afrique.

Le CPA comptera une quinzaine de membres, tous bénévoles. Onze ont déjà été proposés par le ministère français des Affaires étrangères et son directeur Afrique, Rémi Maréchaux. Quelques noms sont déjà connus. Il s’agit, selon France 24, de : Jean-Marc Adjovi-Boco (footballeur franco-béninois), Yvonne Mburu (chercheuse kényane), Yves-Justice Djimi (avocat français), Jules-Armand Aniambossou (ancien ambassadeur du Bénin en France et ex-camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA). L’on ne sait pas encore si un Gabonais figurera dans la liste.