Plusieurs jours après la décision de la Cour constitutionnelle de dissoudre l’Assemblée nationale et appeler à la démission du gouvernement, les Souverainistes-Ecologistes ne décolèrent pas. Dans le communiqué publié intégralement ci-après, ce parti de l’opposition, membre de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) réunie autour de Jean Ping, accuse les 9 juges constitutionnels d’avoir institué «un état d’exception» au Gabon pour prolonger le «hold-up électoral perpétré par Ali Bongo» en août 2016.

Les Souverainistes-Ecologistes sur le terrain, en avril 2018, à Libreville. © D.R.

 

Le parti Souverainistes-Écologistes dénonce et condamne avec la plus grande fermeté la décision du lundi 30 avril 2018 de la Cour constitutionnelle qui institue un état d’exception à l’opposé du fonctionnement régulier des institutions de la République. Acteurs majeurs du hold-up électoral perpétré par Ali Bongo à la suite du scrutin présidentiel du 27 août 2016, largement remporté par M. Jean Ping, les neuf membres de la Cour persistent dans le parti pris, l’imposture et la forfaiture.

L’état d’exception, c’est le non renouvellement dans les délais légaux de plusieurs institutions constitutionnelles, notamment l’Assemblée nationale, le Conseil économique, social et environnemental, le Conseil national de la Communication.

L’état d’exception, c’est la très symbolique et symptomatique panne du renouvellement du bureau du Conseil national de la Démocratie.

L’état d’exception, c’est un parlement devenu monocaméral, qui vient se substituer au parlement bicaméral prévu dans la constitution, avec une Assemblée nationale et un Sénat.

L’état d’exception, c’est la Cour constitutionnelle qui édicte la responsabilité du gouvernement uniquement devant le président de la République, alors que le fonctionnement régulier des institutions prévoit la double responsabilité du gouvernement devant président de la République d’une part et devant l’Assemblée nationale d’autre part.

L’état d’exception, c’est la Cour Constitutionnelle qui modifie la Loi fondamentale de notre pays en s’arrogeant les prérogatives du constituant sous le prétexte fallacieux d’interpréter la loi comme le lui permet normalement l’article 88 de la constitution. Un exercice auquel elle s’est d’ailleurs livrée à deux reprises depuis la fin du mandat normal de la 12ème législature en donnant une énième définition farfelue du cas de force majeure, et autorisant ainsi la prorogation du mandat des députés. Elle s’était alors rendue complice de la prorogation injustifiée du mandat de la 12ème législature, uniquement pour servir les intérêts d’un pouvoir empêtré dans les conséquences d’un violent et sanglant hold-up électoral qui ne passe pas.

L’état d’exception, c’est la Cour Constitutionnelle qui, prétendant devoir combler un vide juridique là où il lui eut fallu constater la non application de la loi par le président de la République – garant, selon les dispositions de l’article 8 alinéa 1 de la constitution, du fonctionnement régulier des institutions et de la continuité de l’Etat –, s’est livrée à une réécriture pernicieuse et illégale de notre Loi fondamentale. Egalement garante du fonctionnement des institutions aux termes de l’article 83 de la constitution, la Cour constitutionnelle ne reçoit cependant pas de la Loi fondamentale, autorité de créer de nouvelles normes.

L’état d’exception, c’est le droit qui a définitivement déserté le terrain de la Cour constitutionnelle. Aussi, la décision à caractère politique du 30 avril 2018, d’une cour constitutionnelle aux ordres, révèle la profondeur de la crise politique et institutionnelle qui mine notre pays, avec les conséquences économiques, financières et sociales qu’elle induit. La dictature voulue par M. Ali Bongo est désormais revêtue d’un pseudo habillage juridique.

Le parti Souverainistes-Écologistes note que l’Exécutif présidé par M. Ali Bongo a réussi à renforcer sa dictature en dépit du dialogue «exclusif» et très particulier d’Angondjè qui a vu la collaboration d’une certaine opposition. A cela s’ajoute l’ubuesque mise en place du Centre gabonais des Elections, organe faussement paritaire et clone de ce point de vue de la défunte Commission électorale nationale autonome et permanente.

Au demeurant, le débat n’est en réalité pas juridique, nous en parlons en partie pour illustrer une fois encore la mauvaise foi du pouvoir.

La crise post-électorale n’est pas derrière nous. Elle est bel et bien présente dans la situation actuelle du Gabon, avec la poursuite des arrestations et détentions arbitraires, des crimes politiques et rituels, des interdictions de toutes sortes, notamment celles de manifester pacifiquement ou encore de sortir du territoire… Bref, un contexte répulsif pour de vrais démocrates.

L’unique porte de sortie viable de cette crise est le rétablissement de la vérité des urnes et la prise effective du pouvoir par le président élu Jean Ping, conformément à la volonté clairement exprimée du peuple souverain. C’est de cette manière, et seulement de cette manière, que le Gabon trouvera apaisement, stabilité et gouvernabilité, dans l’intérêt bien compris du peuple gabonais et des partenaires du Gabon.

Les vaines tentatives d’isolement du président Jean Ping par des petites alliances de circonstance avec des opposants membres ou non de la Coalition pour la nouvelle République ne peuvent prospérer tant que les Gabonais, dans leur très grande majorité, continuent à faire confiance à l’homme qui a recueilli la majorité de leurs suffrages le 27 août 2016. Le président Jean Ping n’est donc pas un homme seul : il a avec lui le peuple gabonais. Et tant qu’il en sera ainsi, rien ne pourra y faire contrepoids.

Le parti Souverainistes-Écologistes invite les Gabonais à la persévérance, à la vigilance et au discernement. Ils ne doivent pas accepter l’organisation des élections législatives par un régime illégal et illégitime qui nous montre chaque jour qui passe le visage hideux d’une dictature prête à toutes les duperies pour conserver le pouvoir. Il recommande de rester à l’écoute du président Jean Ping et de ses vrais alliés.

Le parti Souverainistes-Écologistes tient ici à confirmer son soutien au président Jean Ping et à assurer sa solidarité aux partis politiques membres de la Coalition réellement engagés pour l’alternance et le changement. Il salue au passage l’engagement et la détermination de la diaspora gabonaise dont l’amour pour notre pays force respect et admiration.

Enfin, le parti Souverainistes-Écologistes interpelle la Communauté internationale dont diverses organisations ont constaté in situ la tricherie grotesque du pouvoir en place lors de l’élection présidentielle du 27 août 2016, et lui demande de tirer les conséquences qui s’imposent face à un pouvoir illégal et illégitime qui, en s’enfonçant obstinément dans une dérive dictatoriale, constitue une grave menace pour la paix dans notre pays, et pour la stabilité dans la sous-région.

Le parti Souverainistes-Ecologistes