Estimant qu’elle aurait pu mieux faire après l’échec du gouvernement à organiser les législatives dans les délais, le parti de Richard Moulomba Mombo accuse la Cour constitutionnelle ayant «dissout» l’Assemblée nationale et poussé le gouvernement à démissionner le 30 avril dernier de s’être rendue coupable de «dérapages graves», visant notamment à modifier unilatéralement la Constitution.

Richard Moulomba Mombo (archives). © WILS YANICK MANIENGUI/AFP/Getty Images

 

Près d’un mois après la dissolution de l’Assemblée nationale et la démission du gouvernement dit Issoze Ngondet II, l’Alliance pour la renaissance nationale (Arena) ne s’explique toujours pas les décisions de la Cour constitutionnelle. Dans une déclaration postée sur sa page Facebook, Richard Moulomba Mombo y voit «des comportements emprunts de dérapages graves et dangereux, à la fois pour le peuple gabonais désormais zombifié et pour le processus de construction de la démocratisation dans notre jeune nation».

L’Arena, membre de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) réunie autour de Jean Ping, accuse, en effet, l’institution présidée par Marie-Madeleine Mborantsuo de s’être «donnée des pouvoirs extrêmes et suprêmes de modifier in situ la Constitution gabonaise, pouvoir que ni le Parlement, ni le président de la République ni même le peuple n’ont dans aucun pays de notre planète».

Pour Richard Moulomba Mombo, la «fusée de décision inédites» de la Cour constitutionnelle a pour effet d’«ouvrir (à la juridiction) un boulevard juridique bancale et alambiqué», visant à combler «les lacunes et les insuffisances pourtant préalablement constatées par elle-même dans les articles 4 (rôle de la Cour en cas de ‘‘force majeure’’) et 36 (rôle du Parlement) de notre Constitution».