La justice vient d’ordonner à Total Gabon de prendre en compte les cotisations de 20 employés au profit de l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep), sous peine d’une astreinte de 30 000 francs par jour.

Le bureau national de l’Onep (photo) vient de remporter une victoire face à Total Gabon qui refusait d’appliquer le retrait à la source des cotisations d’une vingtaine d’employés. © Gabonreview

 

L’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) a eu raison de Total Gabon dans le litige qui les opposait, concernant le prélèvement à la source des cotisations des employés au profit du syndicat. En effet, la justice vient d’ordonner à l’opérateur pétrolier de prendre en compte les cotisations de 20 employés sous peine d’une astreinte de 30 000 francs par jour de retard.

«Le refus par Total Gabon de donner suite aux 20 autorisations de cession d’une partie des salaires de ses employés constitué un trouble manifestement illicite qu’il convient de faire cesser en ordonnant à cette dernière de s’exécuter sous astreinte de 30 000 francs CFA par jour de retard, pour l’ensemble du personnel», peut-on lire dans une ordonnance du tribunal de Port-Gentil, datée du 11 août 2017.

Pour l’Onep, il s’agit là d’une grande victoire non seulement contre Total Gabon, considéré comme le moteur de L’Union pétrolière gabonaise (Upega). Mais aussi «contre toutes les forces obscures qui travaillent à la liquidation du syndicat du secteur pétrolier». La dernière grève de l’Onep a attiré sur le syndicat les foudres des employeurs du secteur pétrolier.

L’Upega avait notamment demandé aux patrons d’arrêter le prélèvement à la source des cotisations des adhérents du plus grand syndicat du secteur pétrolier et activités connexes. Avant même la fin de la grande grève qui s’est étendue de décembre 2014 à février 2015, Total Gabon a été le premier opérateur à mettre un terme au retrait à la source des cotisations, avant d’être suivi par Shell Gabon puis Perenco.

Du côté du syndicat, on a cru voir derrière cette initiative la main du gouvernement dont l’intention de liquider le syndicat ne faisait plus l’ombre d’aucun doute. Le journal Africa Energy dans sa parution du 10 mai 2016, a d’ailleurs révélé l’implication du ministre du pétrole de l’époque Étienne Dieudonné Ngoubou et du conseiller spécial du président de la République d’alors, Arnaud Engandji. Les deux personnalités auraient été à la manœuvre dans cette initiative visant à priver l’Onep des fonds nécessaires à son fonctionnement.

Il va sans dire que l’arrêt du prélèvement des cotisations à la source avait pour objectif d’asphyxier le syndicat dont les mouvements de grève occasionnent d’énormes pertes chez les entreprises pétrolières. Mais déterminée à défendre les intérêts de ses adhérents, l’Onep n’a pas abandonné la lutte en portant cette affaire devant le tribunal de première instance de Port-Gentil. Bien lui en a pris.