Selon nos confrères de Mediapart, des documents de la police anticorruption française et les dépositions de l’avocat François Meyer montrent que la sœur d’Ali Bongo et le fils de Jean Ping touchent d’importantes rétro-commissions sur les marchés publics attribués à la société chinoise. À l’insu des deux candidats déclarés à la présidentielle ? On peut en douter.

© Gabonreview/Shutterstock

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Pascaline Bongo et Franck Ping ne sont plus apparus en public depuis longtemps. Ce qui n’a pas empêché le site Mediapart.fr de se pencher sur l’origine de leurs fortunes respectives. Dans sa parution du 23 juin courant, notre confrère révèle que la sœur aînée d’Ali Bongo et le fils de Jean Ping se livrent à de petits arrangements entre amis, dans le dos du contribuable et avec le même partenaire : la Chine, plus précisément l’entreprise Sinohydro. En clair, sous la plume de Fabrice Arfi, nos confrères révèlent que l’ancienne directrice de cabinet du président de la République et le fils de l’ancien ministre des Affaires étrangères sont au centre d’un scandale de corruption à grande échelle.

© biznesdolnoslaski.pl

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Selon des documents de la police anticorruption française et le témoignage sur procès-verbal de François Meyer, l’«avocat historique» parisien du clan Bongo, Pascaline Bongo et Franck Ping ont perçu, ces dernières années, d’importantes commissions occultes sur plusieurs marchés publics décrochés par l’entreprise chinoise spécialisée dans la construction d’infrastructures (routes, barrages, etc.). Ces commissions se chiffrent en milliards de francs CFA pour chacune des parties. Manifestement, elles proviennent des marchés tels que la construction de la centrale hydroélectrique de Grand Poubara (398 millions de dollars), la construction des routes La Leyou-Lastourville (118 millions de dollars), Akiéni-Okondja (91 millions de dollars), Koumameyong-Ovan (12 millions de dollars) et Mikouyi-Carrefour Leroy (200 millions de dollars).

Si certains assurent que les montants de ces contrats ont systématiquement été revus à la hausse, Mediapart.fr rapporte que l’argent issu de ces manœuvres était touché par l’intermédiaire de Sift Hong Kong Limited, une société offshore hongkongaise. Sur son compte bancaire à la HSBC, plus de 10 millions de dollars (environ 5 milliards de francs) de commissions ont été versés à Pascaline Bongo. Dans le détail, elle a touché 8 millions de dollars (environ 4 milliards de francs) sur le projet du Grand Poubara et 2,5 millions de dollars (environ 1,25 milliards de francs) pour la route Akiéni-Okondja. Selon François Meyer, dans la période 2009-2010, l’ex-compagne de Jean Ping avait aussi souhaité verser 7 millions de dollars (environ 3,5 milliards de francs), dans le même compte, au bénéfice de «ses enfants».

Pour sa part, Franck Ping a bénéficié de commissions pour ses bons offices en direction du gouvernement et de l’Assemblée nationale. Lobbyiste, apporteur d’affaires et consul honoraire du Tchad au Gabon, le fils de Jean Ping a touché au total 17 millions de dollars (environ 8,5 milliards de francs) nets grâce à Sinohydro, aussi bien au Gabon qu’au Cameroun où son père entretiendrait une relation étroite avec  Paul Biya.

François Meyer a révélé qu’une première fois, il a touché 5 millions d’euros (environ 3,33 milliards de francs) via la société hongkongaise Fiex, pour le contrat de la route Akiéni-Okondja, puis 8 millions de dollars (environ 4 milliards de francs) pour le contrat «Hydropower», lié au réseau électrique de Libreville, en 2008.

Bien qu’il ne soit pas nommément cité dans cette affaire, Jean Ping est-il blanc comme neige, exempt de tout reproche dans ce scandale de plus ? Légitimement, beaucoup en doutent.