Par la voix du responsable de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI), Dieudonné Odounga Awassi, le Gabon a pris part, du 4 au 5 mai 2018, à la 3e Assemblée générale (AG) des membres de l’Association des Autorités anti-corruption d’Afrique (AAACA) .

Dieudonné Odounga Awassi lors d’une précédente rencontre à Viennes en Autriche. ©D.R.

 

Présidée par le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, la troisième Assemblée générale (AG) de l’Association des autorités anti-corruption d’Afrique (AAACA) a porté sur «l’effectivité de la coopération des institutions africaines de lutte contre la corruption pour une gestion transparente des ressources naturelles». Elle a permis aux participants de mener globalement des échanges sur la corruption en matière d’exploitation, de distribution et de commercialisation des ressources naturelles, de voir les mécanismes d’évaluation, les politiques de prévention, de partage d’expériences entre les pays, ainsi que  les politiques de répression.

Aux côtés de ses pairs, Odounga Awassi est intervenu, exposant sur «la coopération  effective des Institutions africaines de lutte contre la corruption pour une gestion transparente des ressources naturelles». L’on retiendra de sa communication que le Gabon s’est doté, en 2013, d’un Document stratégique de lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux (DSLCBC). Il a été mis en œuvre en 2015 par le gouvernement.  L’un des secteurs prioritaires de ce document concerne les Mines et les Industries extractives où il est précisé que les «objectifs stratégiques de ce secteur contribue à l’amélioration sensible de la participation du secteur minier à la croissance et à l’émergence du Gabon à travers une gestion transparente et assainie des pratiques de corruption» à l’effet d’augmenter les recettes  minières et pétrolières.

Dans sa contribution au nom du Gabon, le président de la CNLCEI, abordant la question de la coopération effective des Institutions de lutte contre la corruption (ILC), a estimé  qu’elle «exige l’existence des institutions anti-corruption et un réseau desdites instituions». Or, a-t-il constaté, dans la sous-région, le «Réseau des institutions anticorruption d’Afrique centrale (Rinac) est en création, et donc pas d’effectivité». Le chef de la délégation gabonaise a donc souhaité que cette «coopération, prévue par la Convention de l’Union africaine (UA) pour la prévention et la lutte contre la corruption (articles 18, 19 et 20) soit effective pour mieux faire face à la corruption» dans les Etats.

La  rencontre des Etats–membres de l’AAACA à Dakar faisait suite à celles d’Accra (2013) et de Brazzaville (2017). Les travaux de la capitale sénégalaise font écho à l’initiative de l’Union africaine de faire de 2018, l’année africaine de lutte contre la corruption.

L’organisation continentale a donné naissance en 2003 à la Convention de l’Union Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption (Convention de Maputo),  et sur laquelle s’adosse l’Association des autorités anti-corruption d’Afrique (AAACA).