Les signataires de l’accord de Paris sur le climat sont présentement à Bonn, en Allemagne, dans le cadre de la 23e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP23). Objectif : concrétiser ce traité s’étant quelque peu émoussé.

Le président de la COP23, Frank Bainimarama, le 6 novembre 2017 à Bonn. © cop23.com.fj

 

La 23e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP23) s’est ouverte le 6 novembre à Bonn, en Allemagne. La première journée de cette rencontre internationale a notamment été marquée par des appels à agir pressants. «Notre demande collective au monde est qu’il maintienne le cap fixé à Paris avec l’accord adopté fin 2015 contre le réchauffement planétaire», a déclaré le Premier ministre fidjien, président de la COP23.

«Le besoin d’agir urgemment est évident. Notre monde souffre d’événements extrêmes provoqués par le changement climatique. Notre responsabilité en tant que dirigeants est de répondre à cette souffrance», a poursuivi Frank Bainimarama, relayé par rlt.fr. Tout semble indiquer que la situation est alarmante. Les objectifs fixés deux ans plus tôt lors de la COP21 n’ont pas été tenus.

Selon l’Organisation des Nations unies (Onu), «les contributions actuelles des pays ne nous feraient (faire) que le tiers du chemin nécessaire pour tenir l’objectif de maintenir le réchauffement sous 2°C. Cet état de fait est inacceptable, pour notre planète et notamment pour les plus vulnérables».

A la veille de cette COP, les rapports se sont multipliés comme pour conforter le principe de la réalité qu’est devenu le changement du climat. Une réalité longtemps considérée comme un bruit de fond et qui se manifeste désormais au premier plan de la géopolitique mondiale, comme en atteste un document d’Oxfam sur les déplacés du climat. Celui-ci souligne le coût humain et la profonde injustice du changement climatique.

«Les personnes les moins responsables sont les premières victimes, alors même qu’elles ont les ressources les plus faibles pour faire face aux catastrophes. D’où l’importance du mécanisme sur les pertes et dommages, qui pour l’heure manque d’ambition», a estimé le Réseau action climat sur geopolis.francetvinfo.fr. «Pour les deux premières années, il se limite à mieux définir le périmètre des pertes et dommages alors qu’il est plus que temps de mettre en place des mesures concrètes pour appuyer les populations qui en sont déjà victimes», a poursuivi le réseau d’organisations non gouvernementales françaises, mobilisé dans la lutte contre les changements climatique.

Alors, qu’attendre de cette 23ème conférence climatique ? Pour David Levaï, directeur du programme climat de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) par, «cette COP va plutôt susciter l’intérêt pour ce qui se déroule en zone verte, c’est-à-dire du côté des acteurs et de l’Agenda de l’action, qu’en zone bleue, c’est-à-dire les négociations».

Prévue jusqu’au 17 novembre, l’événement rassemble les représentants de près de 200 pays, dont les Etats-Unis. Environ 20 000 participants sont attendus à Bonn : délégués, chefs d’Etats, activistes, scientifiques, mais aussi représentants de collectivités ou d’entreprises. Ils se répartiront entre la zone des négociations et une vaste zone de démonstrations des solutions concrètes, désormais vue comme un pilier incontournable des COP.