Pour répondre à cette problématique, une table ronde inscrite dans le cadre de la campagne «300 jours pour comprendre les enjeux de la lutte contre le changement climatique» a été organisée, le 29 avril 2015, à l’Institut français du Gabon.

Les quatre panélistes de la table ronde. © Gabonreview

Les quatre panélistes de la table ronde. © Gabonreview

 

La lutte contre le dérèglement climatique est devenue une priorité pour de nombreux États. Pour mieux préparer la transition, et aborder ce défi de la meilleure manière possible, il y a lieu de définir un nouveau modèle économique qui permet de lier le combat contre le réchauffement climatique au développement économique. C’est pour répondre à cet impératif qu’une table ronde a été organisée, le 29 avril dernier, à l’initiative de l’Institut français du Gabon. «On peut penser à priori qu’il y a contradiction entre lutter contre le réchauffement climatique et promouvoir le développement économique parce qu’il produit des gaz à effet de serre, du carbone, etc.», a indiqué le directeur général de l’Agence française de développement, Yves Picard, avant de préciser : «Si on veut garantir un développement économique durable, il faut en même temps intégrer la lutte contre le réchauffement climatique dans ce développement économique. Du coup créer de nouveau type d’activités, de nouveau métiers, de nouvelles filières, de nouveaux investissements».

Les nouvelles ne sont pas bonnes, sur le plan des émissions. Les évènements climatiques extrêmes montrent à la fois la violence de ce qui nous attend et la vulnérabilité de nos sociétés, des plus riches, aux plus pauvres. Pour l’ensemble des panélistes de la circonstance, il importe de définir une stratégie portée sur l’offensive, car il faut agir dès maintenant pour éviter de se laisser surprendre par le chaos climatique. «Aujourd’hui, il faut pouvoir planifier à 10 20 ou 30 ans en prenant en compte les études qu’on a déjà pu mener pour savoir comment on sera demain. Trouver aujourd’hui des solutions pour pouvoir se développer tout en améliorant sa mixte énergétique», a déclaré le secrétaire permanent du Conseil national climat.

Pour Tanguy Gahouma Bekale, les expériences issues des projets mis en œuvre au Gabon et les trajectoires de développement choisies sont des atouts qui permettent de croire à une conciliation effective et efficace. «Les voies de croissance économique compatible avec le changement climatique sont quasiment les mêmes que celles du développement économique normal. On reste toujours sur l’utilisation de ressource forestière mais à travers la diversification des ressources économiques, on devient moins dépendant des énergies fossiles, assurer un niveau d’industrialisation au niveau du Gabon», a-t-il poursuivi.

Si pour la plupart des décideurs publics ou privés, la lutte contre le réchauffement climatique est synonyme de sacrifices, de pertes d’emplois et de revenus, cet avis est loin d’être partagé par l’Agence française de développement, le Conseil national climat, l’Agence nationale des parcs nationaux et l’Agence d’exécution des activités de la filière forêt-bois, qui s’accordent pour voir en cette action, «une opportunité de trouver de nouveaux relais de croissance, dans les secteurs de l’économie verte». Avec un territoire composé à 85% de forêts, le Gabon compte parmi les réserves de biodiversité les plus importantes au monde. Il représente un stock carbone considérable à l’échelle de la planète. «On peut, au contraire dire, que la lutte bien menée contre le réchauffement climatique est synonyme de création de nouvelles opportunités, ça ouvre de nouvelles filières, de nouvelles formations qui devront être mises en place au contraire cela peut au contraire lutter contre le chômage», a affirmé Yves Picard. Pourvu que toutes ces analyses ne reposent pas sur une confusion entre stock de carbone et puits de carbone…