L’ancien directeur provincial des Eaux et Forêts du Woleu-Ntem, suspendu de ses fonctions le 6 novembre dernier, a été interpellé, le 18 novembre dernier à Oyem, par une unité de la police judiciaire.

© Gabonreview/Shutterstock

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Après avoir été suspendu de ses fonctions, il y a une semaine, Landry Joseph Nkéyi Rébonguinaud a été interpellé par les éléments de la police judiciaire et de la direction générale des Recherches (DGR), mobilisés par le tribunal spécial de Libreville, en présence de deux magistrats de cette juridiction. Selon des témoignages, l’ancien directeur provincial de Eaux et forêts, qui aurait dû déjà quitter Oyem et son bureau, est cité dans plusieurs affaires de corruption et de détournement qui lui valent aujourd’hui d’être peu apprécié. Sous son autorité, un système de vente aux enchères et de délivrance d’autorisations de récupération de bois «abandonnés» avait été mis en place. Au cours de son interpellation, son bureau a été perquisitionné et mis sous scellés jusqu’à nouvel ordre. Dans le même temps, ses collaborateurs ont été entendus, à titre de renseignement.

Après plusieurs heures passées à Oyem, les magistrats du tribunal spécial ont repris l’avion mis à leur disposition pour se rendre à Makokou où ils sont allés se saisir d’une autre affaire dans laquelle sont cités Jean-Marie Minko, le directeur provincial des Eaux et Forêts sortant de l’Ogooué-Ivindo et Jean-Jacques Ekakamba, le chef de cantonnement d’Ovan, suspendu également. Dans cette nouvelle étape, les magistrats ont saisi les dossiers relatifs aux différentes affaires d’exploitation forestière illégale et de corruption initiées par le procureur de la République près le tribunal de première instance de Makokou, Alain Georges Moukoko, qui a d’ailleurs été dessaisi de cette affaire. Jean-Marie Minko n’a pas été embarqué dans l’avion. Mais, il devra nécessairement répondre devant le tribunal spécial. «Nous avons été dessaisis de toutes les affaires concernant l’exploitation forestière illégale. Nous n’attendons désormais que l’audience du 26 novembre pour nous déclarer incompétents dans l’affaire Jean-Marie Minko et ses présumés complices parce que désormais c’est le tribunal spécial qui en est compétent», a indiqué le procureur de la République près le tribunal de Makokou, Alain Georges Moukoko.

Le nouveau Code de procédure pénale érige en crime l’exploitation illegale de certaines ressources. Le trafic d’ivoire, le braconnage en bandes organisées, et l’exploitation des essences forestières deviennent donc des crimes. Pour les autres cas de braconnage, trafic de faune et d’exploitation forestière, les parquets et tribunaux provinciaux devraient rester compétents.