À l’adresse des leaders politiques, des partisans et des activistes de l’opposition, Ika Rosira, l’enfant terrible de Gabonreview, déroule ici une litanie de petites choses à entreprendre pour changer la donne. Un bref vade-mecum pour faire la politique autrement.

Le Gabon, c’est des centaines de milliers de personnes (…) pollués par des informations fallacieuses ou par l’absence d’informations pertinentes. © Gabonreview/Shutterstock

 

Dites à vos leaders politiques d’investir sur les artistes qui chantent la Résistance, aka ! On veut les sons de la victoire, les sons du bouloualou, danser et chanter nos misères et nos espoirs.

Enclenchez les hostilités en musique, parce que la technique la plus répandue et la plus saine pour adoucir les mœurs, pour véhiculer les messages, c’est bien ma musique.

Faites-nous assister à la révolution culturelle au Gabon. Finis les clips, les vidéos, les reality show qui ne parlent que de fesses, de Bling Bling et de faux-semblant de dignité.

Ce qui se passe au Gabon est indigne de nos intelligences. C’est aussi simple que ça ! Il faut qu’on s’arrange pour faire passer le message de toutes les manières possibles et imaginables, merci à ceux qui l’ont compris.

Quoi !? La Résistance n’a pas de créateurs graphiques, d’ingénieurs du son, de vidéastes, de beatmakers et de chanteurs ? Pourquoi on n’a pas un nouveau son chaque semaine, comme pendant et après la parodie d’élections présidentielles auxquelles le monde entier a assisté juridiquement impuissant face à la pseudo-souveraineté des fossoyeurs gaboma.

Dites à vos leaders politiques de multiplier les live, les interventions sur tous les sujets d’actualité qui méritent qu’on s’y attarde ; trop de pollution mentale, trop d’absurdités, trop de règlements de comptes imbéciles, trop d’hypocrisies volontaires et surtout trop de distractions pullulent sur la toile gaboma.

Dites-leur bien, d’accroître leur présence sur le web et sur place, dites-leur d’arrêter de dormir, d’arrêter un peu de réfléchir et d’intellectualiser tout ce qui se passe au Gabon. C’est la bassesse ! À l’état brut ! Une bassesse d’une brutalité sans conteste, qui ne nous rend pas service.

Dites-leur de redescendre au quartier, de saluer la vendeuse de brochettes, de saluer la vendeuse de banane, d’encourager tous ceux qui nourrissent le Gabon malgré tout, envers et contre tout, à la sueur de leur front. D’enlever le costard et de casser les briques avec leurs concitoyens. Pondre des beaux discours, des beaux communiqués, ça ne suffit pas, manifester ou inciter les gens à manifester ne suffit pas, il faut persuader le reste du monde que la révolution pacifique que vous souhaitez est envisageable.

Dites-leur de soutenir les transporteurs, qui triment et se font racketter chaque jour depuis des années et des années. Dites-leur d’interpeller les 3000 employés licenciés du pétrole et les tous les autres, de les soutenir dans cette rude épreuve. Dites-leur de créer un fonds de soutien pour tous les travailleurs licenciés, maltraités, humiliés, réduits à la mendicité, intimidés et traînés dans la boue au Gabon.

Dites-leur de mettre en place des cliniques juridiques et sanitaires mobiles dans chaque quartier, dans chaque arrondissement et district du Gabon. Des gens qui conseilleraient, qui partageraient leurs connaissances, qui consulteraient les autres en leur apportant leur soutien en fonction de leurs propres compétences en Santé ou en Droit.

Dites-leur de créer des cours de rattrapage pour les élèves non scolarisés ou asphyxiés par les grèves, des clubs de lecture où chaque individu alphabétisé pourrait lire ou se faire lire L’INDIGNÉ, le livre qui relate la vie et les pensées d’un des pères de la Résistance gabonaise, notre héros national, Grégory N’Gwa Mintsa. C’est une honte nationale que de savoir que certains ignorent tout de ce grand homme tandis que vous voulez que personne n’ignore votre bonne volonté.

Arrêtez un peu de vous focaliser sur le trône, inspirez-vous de Laurence Ndong, de Toumane Marceau, de Pat Collins, de Mays Mouissi, de Joelle Ndong ou encore de Darcy Ogandaga quant à l’art de rejoindre des milliers de personnes en un rien de temps.

Dites à vos leaders qu’ils doivent multiplier les techniques d’approche, le Gabon ce n’est pas 15 000 ou 20 000 partisans qui assisteront aux meetings ; le Gabon c’est des centaines de milliers de personnes repartis sur toute la surface du pays et des milliers à l’extérieur qui n’attendent pas de mots d’ordre pour véhiculer les informations et qui sont pollués par des informations fallacieuses ou par l’absence d’informations pertinentes.

Les informations pleuvent de partout, certaines sont vraies, d’autres ne sont que pures intox. Il faut tacler le diable, damer le pion à l’ennemi, filmer, photographier et publier la misère et les espoirs du Gabon. Oui, il faut les capturer et les médiatiser. Trop de personnes n’en ont pas conscience. Il est temps de propager la bonne nouvelle : on récupère notre pays dans la marmite dans laquelle ils ont décidé de le noyer, on sort notre pays de la sauce empoisonnée dans laquelle il suffoque, on change ce qui peut l’être avec les moyens dont on dispose. Le Gabon c’est chez nous, il n’appartient pas à la famille Bongo et à toute cette bande de gourmands toto, corrompus jusqu’à l’os.

On voit bien que le gouvernement Bongo/PDG entraine bien des gens dans leurs chute. Il n’y a qu’à regarder Hayatou de la Coupe d’Afrique des nations, Sarkozy et le sombre destin de tous les mécréants qui gravitent autour de Ya Ali. C’est maintenant qu’on doit restaurer l’Histoire. Et le seul moyen de le faire, c’est de TOUT faire pour que ceux qui n’ont pas de sang sur leurs mains se tiennent la main et cessent de se cracher dessus au nom de leurs ambitions personnelles.

Penser à l’intérêt supérieur de la Nation gabonaise, SVP !

Soyons résolument humains, résolument solidaires ; parlez à vos leaders, parlez à vos collaborateurs, parlez à vos confrères, c’est maintenant ou jamais, qu’on dissocie l’incompétence de la Résistance.

#FreeGabon