Paul Biyoghé Mba, Marie-Joséphine Kama Dabany, Emmanuel Nzé Békalé, Adrien Nkoghé Essingone, Rémi Ossélé Ndong, Henri Bekallé Akwé, Christine Mba Ntutume, puis les moins âgés mais néanmoins «vieux briscards de la politique» que sont Brice Adandé Radembino, Jeanne Mbagou, Julien Nkoghé Békalé, Jean-Marie Ogandaga, Gabriel Malonga Mouélé, Guy-François Mounguengui Koumba et Fidèle Angoué Mba, vont continuer de siéger au Bureau Politique du Parti démocratique gabonais (PDG). Ces dignitaires et vieux briscards participeront donc, aux côtés des jeunes, à la régénération et à la revitalisation du PDG qu’appelle de ses vœux le Secrétariat exécutif du parti pour donner un nouveau souffle à cette formation politique quasi-cinquantenaire !

Les «vieux briscards», ici Patience Dabany, vont continuer de siéger au Bureau Politique du PDG. © D.R.

 

Le Conseil provincial de l’Estuaire, réuni les 11 et 12 novembre dernier, s’est déroulé dans le calme et la sérénité. Ici, pas de bris d’urne. Pas de coup de feu tiré en l’air par quiconque. Juste quelques gestes d’énervement. «La période électorale» a juste pris beaucoup plus de temps que prévu. Alors que le vote s’était en effet achevé à 23 h 45 au Lycée Paul Indjendjè Gondjout (lieu choisi pour désigner les élus d’Akanda, Owendo, du Komo-Océan, du Komo-Océan, du Komo-Kango et de La Noya), les électeurs de Libreville, eux, continuaient de voter pour le compte du 3e arrondissement au Jardin Botanique jusqu’au petit matin du lundi 13 novembre. Le président du bureau de ce Conseil veillait au grain. A-t-il dormi plus de quatre heures pendant ces deux nuits ? Beaucoup en doutent. Le Secrétaire général de cette formation politique, Eric Dodo Bounguendza a, lui aussi, tenu à suivre de plus près le déroulement des travaux et du scrutin. Il revenait régulièrement sur le site dédié à cette manifestation pour avoir l’information juste et nette du «terrain». L’Estuaire ne pouvait pas se permettre de rater son Conseil PDG.

Première constatation : le Conseil provincial de l’Estuaire n’a pas tué les «vieux», les «dignitaires» et les «vieux briscards» qui sollicitaient, cette fois par le vote, leur reconduction au sein du Bureau politique. Un grand nombre d’entre eux a été confirmé dans cette instance majeure du parti de Louis. Ils seront donc encore de la partie au cours des cinq prochaines années. Ils vont donc, eux aussi, participer à la régénération et à la revitalisation qu’appelle de ses vœux le Secrétariat exécutif du parti. C’est le principal enseignement de ces assises, l’élection des membres du Bureau politique ayant cristallisé toutes les attentions.

Quelques jeunes pousses et talentueux militants ont également soit confirmé leur présence, soit fait leur entrée pour la première fois dans le Bureau politique du Parti démocratique gabonais (PDG). Il s’agit notamment de Rose-Christiane Ossouka Raponda qui a battu l’ancien ministre Isidore Calixte Nsie Edang dans le deuxième siège du 3e arrondissement de Libreville ; de l’ancien militant RPG Cyprien Ndong qui a éliminé le député de sa circonscription Jean-Marie Ntoutoume Essone dans le 6e arrondissement de la capitale gabonaise. On pourrait également citer l’entrée au Bureau politique de Paul Ngome Ayong, vainqueur face à l’Honorable Gisèle Akoghet épouse Ntoutoume Essone dans le 5e arrondissement. Le Conseil provincial de l’Estuaire aura été, il faut le souligner, une très mauvaise passe pour le couple Ntoutoume Essone engagé en politique depuis quelques années déjà. Dans ces «batailles» pour le Bureau politique, l’une des plus attendues était celle qui se déroulait dans le Komo-Océan entre l’ancien ministre Adrien Nkoghé Essingone et la Vénérable Sénatrice Marie-Anne Ankombié. La victoire est revenue au premier cité. Celui-ci a pris une avance dans des deux des trois fédérations (les Fédérations A et B qui englobent divers villages et Ndzomoe le chef-lieu du département) et il a «limité la casse» dans la troisième (qui englobe la Pointe-Denis). Comme beaucoup d’anciens membres du Bureau politique, Adrien Nkoghé Essingone a montré que ce fief était, pour le moment, imprenable. Sur son chemin, que de chausse-trappes, que de coups bas, quelle campagne de presse ! Tout y était passé pour le faire plier, mais Adrien Nkoghé Essingone a gagné. Une victoire qui montre qu’en politique, il n’est pas facile de tuer les dignitaires… Quarante ans de vie politique forgent la force intérieure. Dans le même temps, beaucoup de ses proches ont intégré ou se sont vus confirmés au Conseil national. C’est le cas de François Ada Moussavou, Huguette Yombiyéni, Clotilde Gningone, Ghislain Etoughet, Martial Désiré Nkoghé, Fabrice Moret et Edwige Mpowet notamment. Autre bataille inattendue celle-là, celle de la commune de Ntoum. Alors que l’on avait cru que tout était balisé pour Julien Nkoghé Békalé, on a été quelque peu surpris de voir qu’il y avait face à lui deux adversaires de dernière minute, alors que ceux-ci juraient 48 heures plus tôt qu’ils ne se présenteraient pas contre lui. Jean de Dieu Melole me Mvie et André Ella, ancien maire de Ntoum, avaient bel et bien déposé leur candidature. L’ancien ministre des Transports a largement remporté la bataille. Lui aussi a vu un grand nombre de ses proches accéder au Conseil national et au Comité central. Dans la commune de Kango, le député Rémi Ossélé Ndong a battu l’actuel maire de la commune, Christian Menvie Obame. 81 voix séparent les deux candidats. C’est dire la forte popularité de Rémi Ossélé Ndong dans cette ville…

Deuxième constatation : comme c’était prévisible, si le Conseil national s’est donné de nouveaux visages, c’est surtout le Comité central qui a reçu le plus de «sang neuf», même si certains vieux briscards s’y retrouvent, à l’instar de Cyrille Aubame, 64 ans, ancien Secrétaire départemental PDG du Komo-Mondah, et Gabriel Boupendza, 59 ans, ancien membre du Conseil national et ancien Secrétaire Fédéral dans la Mougalaba.

Troisième constatation : la satisfaction du Secrétaire général du PDG. Dans son allocution de clôture, le lundi au petit matin, Eric Dodo Bounguendza, a félicité les militants de l’Estuaire pour la bonne organisation de ces assises provinciales. On avait craint des tumultes lors des élections, mais tout s’est bien déroulé dans l’ensemble. Aucune catégorie de population n’ayant été écartée du processus électoral, les choses se sont bien terminées. Les vainqueurs ont reçu les félicitations des battus. Seule la Vénérable Ankombié, ancienne membre es-qualité du Bureau politique, s’est montrée mauvais perdant. Elle a déclaré devant ses partisans qu’elle irait demander à Ali Bongo, président du PDG, de désigner un jeune comme candidat à la députation en lieu et place d’Adrien Nkoghé Essingone. Quand on sait que cette sexagénaire n’est pas elle-même de la toute première jeunesse, on est en droit de se demander si, dans trois ans, elle va, elle aussi, céder son siège à un jeune.

Quatrième constatation : comme lors des élections locales ou nationales, de nombreux responsables de ce parti ont fait transporter par taxis-bus entiers des jeunes gens recrutés ici et là à Libreville pour se faire élire au cours de ces élections internes. Il est vrai que le règlement intérieur ne l’interdit pas, puisqu’il est simplement dit qu’il suffit de posséder un récépissé d’inscription pour voter, mais tout de même, cette débauche de moyens pour recruter et inscrire les populations juste pour obtenir un poste dans le parti, comme on l’a vu au Jardin botanique aux premières heures de la matinée le jour du vote, a paru tellement hallucinant à des observateurs qu’ils n’ont pas manqué d’évoquer l’ADN du PDG. Ont-ils tort ? Pas forcément…

L’Estuaire PDG attend dorénavant le Congrès extraordinaire du parti prévu les 8, 9 et 10 décembre prochain au Stade d’Angondjé. Ces assises sont appelées à valider les élections et les différentes résolutions prises au cours de ce Conseil provincial. Six commissions étaient appelées à réfléchir sur divers thèmes, à savoir la Politique générale (Paul Biyoghé Mba), la Politique économique, sociale, culturelle et environnementale (Adrien Nkoghé Essingone), la Communication (Guy-François Mounguengui Koumba), les Relations avec les autres partis et le mouvement associatif (Gabriel Malonga Mouélé), le Financement du parti (Jean-Marie Ogandaga), les Rapports avec la diaspora (Axel Jesson Ayénoué)…