Le Conseil départemental de Bendjè (CDB) est en proie à un mouvement de contestation d’une frange de conseillers départementaux. Ces derniers exigent des éclaircissements sur la «gestion opaque» du patrimoine financier de l’institution. 

La présidente du CDB, Lucie Akendengué Daker (photo d’archive). © D.R.

La présidente du CDB, Lucie Akendengué Daker (photo d’archive). © D.R.

 

Le président du Conseil départemental de Bendjè (CDB), dans l’Ogooué Maritime, est dans la tourmente avec la fronde des conseilleurs départementaux de son propre camp. A l’issue d’une session ordinaire tenue le 7 novembre dernier à Port-Gentil, les conseillers municipaux issus du Parti démocratique gabonais (PDG) ont exprimé leur colère face à «la gestion du conseil départemental de Bendjè», par Lucie Akendengué Daker.

Les conseillers «frondeurs» ont ainsi accordé, au président du conseil, un délai de cinq jours pour apporter des réponses à leurs interpellations. Concrètement, il est reproché à Lucie Akendengué Daker, d’avoir géré de manière opaque le patrimoine foncier de l’institution, ou encore de manquer de lisibilité dans la mise en place de la gestion des coopératives départementales.

Le président du CDB est également pointé du doigt pour avoir attribué de gré à gré, un marché de prestation de service à une société de gardiennage, sans convention ni contrat ; de n’avoir pas distribué la subvention de l’Etat destinée au personnel pour le relèvement des salaires ; de ne pas associer les autres membres du bureau à la prise de décision, etc.

Dans le camp du président de l’institution départementale, l’on évoque cependant un mouvement calculé. Estimant que cette fronde n’est pas le première du genre, les conseillers départementaux proches de Lucie Akendengué Daker ont soutenu que les «frondeurs veulent s’en mettre plein les poches».

«Les frondes arrivent généralement à la veille des sessions du conseil, afin de faire chanter le président et monnayer leurs votes», ont-t-ils expliqué avant d’ajouter : «Il y en a qui réclament des sommes d’argent, d’autres l’octroi de parcelles sur le titre foncier ou encore l’octroi de moteurs hors-bord. Sinon, ils menacent de ne pas voter le budget ou telle autre délibération».

Un mouvement d’autant plus incompréhensible, a soutenu source autorisée, que Lucie Akendengué Daker a toujours été attentive aux sollicitations de ses collègues conseillers. En témoigne des prêts accordés à quatre conseillers, à hauteur de 13 millions de francs CFA chacun. Dans le même temps, 27 moteurs hors-bord ont été commandés par la présidente, visiblement pour être redistribués entre les 27 conseillers que compte l’institution.

Sauf que certains conseillers n’ont pas attendu la distribution officielle et sont allés se servir auprès du fournisseur, ce que n’a pas apprécié le président de l’institution qui, considérant que c’est un détournement, a sommé les élus trop pressés de restituer ces moteurs.

Une décision parmi tant d’autres, qui aurait ainsi motivé la démarche des «frondeurs». Une guéguerre interne dont les principales victimes sont les populations du département, abandonnées à elles-mêmes.

Auteur : Fidèle Afanou