Coupant court à la persistante rumeur d’une baisse des salaires des fonctionnaires, le ministre de la Fonction publique a plutôt évoqué la maitrise de la masse salariale, à travers la suppression de rémunérations indûment versées aux agents publics en situation irrégulière.

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Le ministre de la Fonction publique a coupé court à la rumeur selon laquelle, le gouvernement prévoyait une baisse des salaires des fonctionnaires. C’était au cours du 3e congrès de l’Union des syndicats de l’administration publique (Usap), les 11 et 12 février derniers à Libreville, sous le thème «Dialogue sociale dans un contexte de démocratie sociale».

Selon Jean-Marie Ogandaga, il est plutôt question d’une baisse de la masse salariale, et non d’une baisse des salaires des agents. «A aucun moment, je n’ai eu d’informations du chef du gouvernement qu’il faut réduire les salaires des agents. Nous ne sommes pas là pour réduire les salaires, ce n’est pas à l’ordre du jour, nous sommes là pour réduire la masse salariale», a-t-il lancé.

En d’autres termes, le Gabon est plutôt dans une perspective d’ajustement conjoncturel. Il s’agit d’adapter la structure des dépenses aux nouvelles réalités financières, en attendant un retour à la normale. Vu sous cet angle, il apparaît évident que ce réajustement vise ni plus ni moins que la suppression de certains postes, comme l’a signifié le ministre de la Fonction publique.

«Et si on doit maitriser la masse salariale, permettez que les personnes qui n’ont plus droit d’avoir un salaire à la Fonction publique ne l’aient plus», a lancé Jean-Marie Ogandaga. «C’est pour cette raison que vous avez entendu, depuis un bon bout de temps, que nous nous sommes mis en guerre contre des personnes qui perçoivent des rémunérations indues de l’Etat gabonais, dans le public comme dans le parapublic», a-t-il poursuivi.

Une situation sur laquelle la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont attiré l’attention des pouvoirs publics. Plus récemment, le FMI s’est inquiété de la hausse perpétuelle des salaires au Gabon, dans un contexte pourtant caractérisé par un taux de chômage élevé et une baisse significative des recettes pétrolières.

Dans ce sens, le ministre de la Fonction publique a souligné que le gouvernement n’a pas attendu le FMI ou la Banque mondiale pour initier ces réajustements. «Depuis deux ans, ce travail est en cours au niveau de la Fonction publique. Et je peux vous dire qu’il n’est pas anodin, puisqu’il rapporte des milliards au niveau des caisses de l’Etat», a souligné Jean-Marie Ogandaga.

En 2010, les résultats de l’opération de recensement des agents de l’Etat avaient permis d’identifier 5683 fonctionnaires en situation irrégulière. L’économie de leurs salaires indûment perçus avait alors été estimée à plus de 25 milliards de francs CFA par an.