Engagé dans une guerre sournoise contre le puissant Mouvement gabonais pour Ali Bongo Ondimba (Mogabo), le mouvement Actions et perspectives pour le président de la République (APR) prépare déjà la tenue du prochain congrès du Parti démocratique gabonais (PDG). Il appelle à la reconstruction du parti ainsi qu’une véritable fidélité au «distingué camarade».

Alain-Claude Bilie-By-Nze du Mogabo va-t-il céder face à Guy Bertrand Mapangou de l’APR lors du prochain congrès du PDG ? © Montage/Gaboreview

 

A moins d’une semaine de la tenue, à Libreville, du 11e congrès ordinaire du PDG, la guerre semble bel et bien lancée entre le Mogabo d’Alain-Claude Bilie-By-Nze et l’APR de Guy Bertrand Mapangou. Les deux mouvements du parti au pouvoir rivalisent depuis quelques temps sur leur fidélité au «distingué camarade» Ali Bongo, mais semblent loin de viser les mêmes objectifs.

Si le premier mouvement a indéniablement une longueur d’avance, d’autant que ses membres se sont révélés plus courageux, plus incisifs dans leur façon de défendre le président de la République, le second, peu bavard et moins m’as-tu-vu jusque-là, entend jouer son attachement aux projets et à la vision du chef de l’Etat. Seule «la reconstruction d’un PDG populaire par les actions de développement et de bonne gouvernance» n’aurait d’intérêt aux yeux de ses membres, qui tiennent à défendre leurs idées lors du prochain congrès du parti.

Dans son manifeste publié lundi 4 décembre dans le quotidien L’Union, le mouvement dit vouloir «éclairer l’opinion nationale et apporter des correctifs forts visant à renouer avec le projet visionnaire du chef de l’Etat, l’Avenir en confiance». Pour Guy Bertrand Mapangou, Noël Nelson Messone, Ernest Mpouho Epigat et François Engonga Owono, il s’agira de «dire la vérité», refuser de «se limiter aux simples calculs politiciens», dans le but de «revenir aux fondamentaux de la vision du président de la République dont certains compatriotes ont malheureusement conduit notre pays à s’en écarter».

Contrairement au Mogabo dont le principal objectif semblait d’être bien vu d’Ali Bongo pour en tirer quelques avantages, l’APR assure placer le bien-être des Gabonais au centre de son action. Le mouvement d’Eloi Nzondo, Guy Maixent Mamiaka et Christian Magnagna, au cours des prochaines assises du PDG, devrait militer pour un parti réhabilité et reconstruit, qui doit désormais convaincre par l’action. «L’APR pense que pour réhabiliter et reconstruire sur des bases nouvelles, il faut impérativement réaliser les promesses d’investissements économiques et sociaux structurants du septennat écoulé comme celles du septennat naissant. Trop de propagande, de discours lénifiants et de postures condescendantes ont décrédibilisé et délégitimé le discours politique dans l’inconscient collectif.»

L’APR qui entend faire parler de lui dans les jours qui viennent se présente comme un mouvement politique interne au PDG qui n’est «ni passéiste, ni nostalgique, ni optimiste béat, ni soutien conditionnel». «L’APR n’est pas un nouveau courant politique. C’est fondamentalement une sensibilité à l’intérieur du PDG qui fait écho à d’autres forces vives venant même hors du PDG (mais) ne saurait danser avec les loups en allant soutenir les adversaires des institutions républicaines en place