Jean de Dieu Moukagni-Iwangou ne partage pas «l’heure de la confrontation» sonnée par Jean Ping et il le fait savoir. Assimilant clairement cette démarche à du profito-situationnisme, Jean de Dieu Moukagni-Iwangou a plutôt appelé Jean Ping et soutiens à un «supplément d’âme».

Jean de Dieu Moukagni-Iwangou appelle Jean Ping et la CNR à un «supplément d’âme». © Gabonreview

 

Opposé à «l’heure de la confrontation» sonnée par Jean Ping le 15 décembre à Libreville, Jean de Dieu Moukagni-Iwangou a plutôt proposé une alternative. Dans un post publié le 17 décembre 2018, le président d’Union & Solidarité (US) a appelé Jean Ping et la Coalition pour la nouvelle République (CNR) à un «supplément d’âme», qu’il présente comme «la frontière entre les hommes politiques et les hommes d’Etat».

Selon Moukagni-Iwangou, en effet, les hommes politiques vivent de «postures, irriguées à la pente de l’opinion, pour plaire aux esprits et pour ne pas rater les tendances et les opportunités». A contrario, les hommes d’Etat se sentent une «responsabilité sociétale», qui leur commande de «défricher la broussaille pour trouver la voie, qui les invite à tailler dans le marbre pour fixer la norme».

En donnant le mot d’ordre à ses militants d’en découdre avec les forces de l’ordre, Jean Ping a franchi la ligne rouge, estime Jean de Dieu Moukagni-Iwangou. D’où son appel à un supplément d’âme. «J’incline à penser qu’il est des limites éthiques qu’il ne faut jamais franchir. Même au nom du combat politique», a-t-il insisté.

Le leader d’US soutient en effet que la démarche de Jean Ping surfe sur la situation actuelle au sommet de l’Etat. Pour lui, le candidat malheureux à la dernière élection présidentielle veut «tirer avantage» de l’état de faiblesse d’Ali Bongo. «Devant la maladie de l’autre, on ne sort pas les flûtes et les violons, pour disqualifier, on soutient et on compatit, parce que la disqualification est opposable aux procédures, et la compassion est opposable aux hommes», a argumenté l’opposant devenu ministre d’Ali Bongo en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Ainsi, celui-ci prône une «nouvelle politique, respectueuse de la différence», car convaincu que «la dynamique qui a conduit à la candidature unique (de la présidentielle de 2016, ndlr) a définitivement échoué dans les cœurs». Jean de Dieu Moukagni-Iwangou n’a pas manqué de lancer une pique renvoyant dos à dos l’opposition et le pouvoir en place : «Après deux années d’injures, servies à ceux qui appelaient au respect des lois, la Constitution est de saison», a-t-il conclu.