Libreville et le département de la Lopé accueillent la conférence internationale sur la réduction des conflits homme-faune et l’amélioration de la coexistence, du 3 au 7 avril prochain. Un rendez-vous qui accorde une place de choix à la mise en place du Projet de gestion du conflit homme-faune, estimé à 5,5 milliards de francs CFA.

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A l’initiative de la Banque mondiale et du Programme mondial pour la faune (GWP, en anglais), Libreville et le département de la Lopé (Ogooué-Ivindo) accueillent la conférence internationale sur la réduction des conflits homme-faune et l’amélioration de la coexistence, du 3 au 7 avril prochain.

Cette réunion d’experts va permettre de réfléchir à la mise en œuvre du Projet de gestion du conflit homme-faune, pour protéger les communautés villageoises menacées par les éléphants. En effet, les conflits homme-faunes constituent une menace sérieuse pour la survie de nombreuses espèces menacées et pour la sécurité et la viabilité des moyens de subsistance des communautés.

Parmi les facteurs qui sous-tendant l’escalade de ces conflits, figurent en bonne place la croissance de la population humaine, les changements dans l’utilisation des terres, la perte et la fragmentation de l’habitat, la mauvaise gouvernance et la demande croissante en ressources naturelles.

Étant donné que de nombreux projets du GWP abordent cette question au niveau des sites, la conférence de Libreville et de la Lopé vise à mieux comprendre les différentes approches et solutions pour gérer les conflits. Mais également aider les équipes projet à concevoir des interventions concrètes pour réduire lesdits conflits.

La conférence utilisera des études de cas réussies et illustrera les meilleures pratiques des pays qui ont mis en œuvre des mesures spécifiques face aux espèces conflictuelles (éléphants, félins, primates, etc.). Elle fournira également une vue d’ensemble des outils et techniques susceptibles d’atténuer les conflits homme-faune en Afrique et en Asie.

Estimé à 9,05 millions de dollars (plus de 5,5 milliards de francs CFA), le Projet de gestion du conflit homme-faune comprendra la mise en œuvre de stratégies et de solutions, soutenant une gestion intégrée des paysages et l’atténuation des conflits dans le sud du Gabon. «Ces mesures sont primordiales pour l’avenir des éléphants des forêts d’Afrique centrale et pour dynamiser l’économie rurale du Gabon», a expliqué la Banque mondiale.

Pour la responsable du programme du GWP, il ne pouvait y avoir de meilleur choix que le Gabon pour accueillir cette conférence importante. «Ses forêts couvrant 88% du pays et étant les derniers refuges des éléphants de forêt, qui disparaissent au rythme alarmant d’environ 9% par an à cause du braconnage», a indiqué Claudia Sobrevila. «Nous espérons que cette conférence fournira aux acteurs gabonais et autres partenaires nationaux de nouveaux outils et de bonnes pratiques à appliquer immédiatement à leur programme», a-t-elle ajouté.

Le GWP est un partenariat mondial pour la préservation de la flore et de la faune sauvages, la prévention de la criminalité associée et le développement durable. Financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), il est doté d’un budget de 131 millions de dollars. Il comprend par ailleurs 19 projets nationaux dans toute l’Afrique et l’Asie, dont l’objectif est de réduire le braconnage, le trafic illégal d’espèces sauvages et la demande de produits dérivés d’espèces sauvages.