Les discussions ouvertes par le maire du premier arrondissement de la commune d’Akanda, Ernest Ogandaga, avec les populations du quartier Iyalala au sujet du titre foncier attribué au Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon (CSAIG) au point mort.

Les populations du quartier Iyalala chez le chef de quartier. © D.R.

 

Le Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon (CSAIG), a bénéficié du ministère de l’Habitat, d’un titre foncier couvrant un périmètre de 15 hectares dans la zone d’Iyalala, dans la commune d’Akanda. Cette affectation est destinée à la construction d’un complexe scolaire intégré, don du président Turc Recep Tayyip Erdoğan à son homologue gabonais, Ali Bongo.

Si le projet est salué par la population de ce quartier, elle ne souhaite pas son érection sur leur zone d’occupation, notamment sur les parcelles O1, O2 et O3. Selon la récente rencontre qu’elle a eu avec le chef de quartier, Mouélé, la population estime qu’il est encore temps que le Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon aille voir le maire de la commune d’Akanda, Claude Sezalory, pour obtenir un autre espace qui n’a pas encore fait l’objet de souffrance et du travail des populations.

«Nous disons au Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon, d’aller chercher un autre site. Ce n’est pas là où les populations se sont débrouillées à s’offrir des petits lopins de terre, à bâtir, qu’ils viendront installer leur affaire. Il y a bien des forêts dans Akanda», a déclaré un des membres du collectif des populations d’Iyalala, Claude François Nkoulaveng, estimant admettre qu’une erreur a été commise par le CSAIG pour avoir choisi un site qui n’est pas le leur.

© D.R.

Pour les populations inquiètes de voir partir en ruine tous leurs investissements, le scénario tel que dessiné par les autorités ressemble à une spoliation. Elles affirment que le «fameux» titre foncier du Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon se baladerait depuis 2014 sur plusieurs sites, en quête d’une chute certaine.

«Le titre foncier de la CSAIG a tour à tour été présenté au premier campement sur les zones Y1, Y2 et Y3, puis sur la zone du Cap et à Bikelé, avant de revenir sur Akanda après avoir été contesté par les différentes populations», a indiqué un membre du collectif. Selon ce dernier, la démarche du maire est inacceptable. «La démarche n’a pas été respectée. Nous ne voulons pas entendre de proposition dans le sens de nous faire partir de nos terres qui ont fait l’objet de souffrance», a-t-il précisé.

«Toute démarche administrative a une procédure. Si la procédure n’a pas été respectée, nous nous ferons entendre auprès des institutions compétentes pour leur dire que la procédure d’obtention du fameux titre foncier du CSAIG n’a pas été respectée et il est hors de question qu’on nous enlève de là», a conclu Claude François Nkoulaveng.