Reconnu coupable de diffamation à l’endroit d’Ali Bongo, le journaliste-écrivain français se dit satisfait d’un jugement ayant rendu hommage à son travail sur l’essentiel des points contestés par le président gabonais.

Pierre Péan. © Maxppp/Daniel Fouray

 

Condamné le 5 octobre pour diffamation à l’endroit d’Ali Bongo, Pierre Péan n’est pas rancunier. L’auteur de «Nouvelles affaires africaines : Mensonges et pillages au Gabon» se dit même satisfait d’un «jugement dans lequel la Cour rend hommage à (son) travail sur l’essentiel des points contestés» par le président gabonais. «Très franchement, mon avocate et moi sommes contents de cette décision que nous considérons globalement comme une victoire dans un contexte dictatorial. J’aurai préféré évidemment tout gagner. Mais bon, au regard du volume du livre, je ne suis condamné que sur un passage. Et même là…», s’exprime-t-il dans une interview à l’hebdomadaire L’Aube parue lundi 9 octobre.

Pour le journaliste-écrivain français, qui dit ne pas comprendre la satisfaction du palais du bord de mer, le jugement prononcé par le Tribunal correctionnelle de Paris (France) met clairement en cause la légitimité du président gabonais en 2009. «Comment Ali Bongo peut-il être content d’un jugement qui met en cause sa légitimité ?», s’interroge Pierre Péan, estimant qu’«après l’Union européenne qui a reconnu les trucages de l’élection de 2016, la justice française prend la même attitude pour l’élection de 2009». Il en est convaincu : «La Cour a complètement validé mon enquête sur les trucages de 2009 (…). La Cour m’a seulement condamné sur les propos que j’ai tenus sur la tentative d’assassinat de Jean-Pierre Lemboumba parce que mes deux témoins ont eu peur de témoigner.»

Après trois ans de bataille judiciaire démarrée peu après la sortie de «Nouvelles affaires africaines : Mensonges et pillages au Gabon», Pierre Péan et son éditrice Sophie de Closets ont été condamnés à verser chacun une amende de 1000 euros à Ali Bongo pour des faits de diffamation et un euro à titre de dommages-intérêts.