A trois mois de la fin de la concession entre l’État et la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), les conclusions de la commission ministérielle ayant pour missions essentielles de faire le bilan des 20 dernières années de la convention, se révèlent «catastrophiques», selon le ministre en charge de l’Eau et de l’Énergie, Guy Bertrand Mapangou.

Le siège de la SEEG à Libreville. © D.R.

 

En vingt ans de gestion de service public de production, de transporte et de distribution de l’eau potable et de l’énergie électrique, la SEEG a peiné à remplir convenablement ses missions vis-à-vis de l’État. Les quatre objectifs clairement définis n’ont pas pu être atteints.

Il s’agissait de l’obtention des tarifs les plus bas possibles de l’eau potable et de l’énergie électrique ; l’autofinancement et l’équilibre financier des services concédés, dans le respect des tarifs et d’une juste rémunération du concessionnaire ; l’augmentation progressive du taux de desserte des usagers en eau potable et en énergie électrique sur l’ensemble du périmètre de la concession ; la qualité technique et le maintien en bon état des équipements et ouvrages affectés aux services concédés, et la gestion harmonieuse des ressources humaines.

Vingt ans après, selon les conclusions livrées par la commission ministérielle mise en place par Guy Bertrand Mapangou, il ressort pour l’essentiel que les tarifs ont baissé de 17,25% au moment de la mise en concession. Puis, eu égard à l’évolution du coût des combustibles (fuel, gaz et gas-oil), de la main-d’œuvre, les tarifs ont connu une hausse de +75,23% pour l’électricité et +48,2% pour l’eau en 19 ans.

S’agissant de l’augmentation progressive du taux de desserte des usagers en eau potable et en énergie électrique sur l’ensemble du périmètre de la concession, celle-ci a été effective dans les centres urbains. Cependant, lors de la mise en concession, la SEEG aurait pris l’engagement de desservir des centres isolés, 30 en eau et 21 en électricité. «A ce jour, seulement 12 et 8 localités ont été respectivement desservies en électricité et en eau, plus de 90% de ces centres ont été financés directement par l’État. Par ailleurs, on note que la qualité de la desserte est remise en cause car, on constate, sur les réseaux eau et électricité l’insuffisance des extensions de réseaux ; les branchements pirates ; les arbres de noël ; les fuites d’eau et les branchements eau situés loin des habitations», a indiqué le ministre en charge de l’Eau et de l’Énergie, dans une interview accordée au quotidien L’Union.

En ce qui concerne l’objectif 4, le ministre note que le concessionnaire n’a pas développé et maîtrisé les réseaux urbains de distribution d’eau et d’électricité. Ces insuffisances n’empêcheront pas le gouvernement de décider du renouvellement de cette convention avec la SEEG, pour les cinq années avenirs.