La rencontre de la Conasysed et du gouvernement s’est soldée par un échec. Les enseignants ont regretté l’absence du ministre du Budget et des Comptes publics à ces échanges, et ont décidé de la poursuite de la grève générale illimitée le 26 novembre 2016. 

Simon Ndong Edzo (micro), lors de l’assemblée générale de la Conasysed du 26 novembre 2016. © D.R.

Simon Ndong Edzo (micro), lors de l’assemblée générale de la Conasysed du 26 novembre 2016. © D.R.

 

La rencontre organisée le 23 novembre dernier le ministre de l’Education nationale, à laquelle était conviée la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (Conasysed), n’a pas véritablement eu lieu. C’est en tout cas, le sentiment des enseignants, qui n’ont pas manqué de confirmer la poursuite de leur grève générale illimitée, lancée il y a plus de deux semaines.

Scène de l’échange entre les ministres et la Conasysed, le 23 novembre 2016. © D.R

Scène de l’échange entre les ministres et la Conasysed, le 23 novembre 2016. © D.R

La raison évoquée par les membres de la Convention : l’absence de Mathias Otounga Ossibadjouo à la réunion. Or, ils l’assurent, l’implication du ministre du Budget et des Comptes publics dans la résolution de la crise qui secoue l’éducation gabonaise est nécessaire. D’autant que la plupart des revendications des professionnels du secteur ont un lien avec son département. Il s’agit, entre autres, de la construction de nouveaux établissements d’enseignement primaire et secondaire, le paiement des arriérés de salaire dus à certains enseignants, le paiement des primes en raison du réaménagement des programmes à cause des effectifs pléthoriques, etc.

A cette rencontre, seul Jean-Marie Ogandaga, le ministre de la Fonction publique, s’est présenté aux côtés de Florentin Moussavou, le ministre de tutelle. Ce qui était loin de plaire aux syndicalistes. Pour Simon Ndong Edzo, le délégué général de la Conasysed, il s’est agi d’une rencontre pour «rien». Mieux, le leader syndical a perçu l’absence du ministre du Budget et des Comptes publics comme l’aveu de ce qu’«il n’y a rien» dans les caisses de l’Etat pouvant permettre de résoudre la crise dans le secteur de l’éducation. Toutefois, de la réunion du 23 novembre 2016, les syndicalistes ont obtenu du gouvernement le réexamen des lieux d’affectation jugées «arbitraires» des membres des bureaux provinciaux de l’organisation syndicale de la Nyanga, la Ngounié et du Moyen-Ogooué.

Pour le ministre de l’Education nationale qui a donné rendez-vous aux syndicalistes pour une autre réunion, tout n’est pas perdu. Une possibilité de sortie de crise est encore possible. «Nous arriverons en tant que Gabonais, j’en suis persuadé, à nous entendre», s’est-il exprimé peu après la suspension de la première réunion qui a duré trois heures. Les enseignants qui, une nouvelle fois, ont regretté le mépris du gouvernement se sont réunis en assemblée générale le 26 novembre et ont décidé de la poursuite de leur grève générale illimitée. Ils entendent aborder avec le gouvernement les questions liées au recrutement entre 2014/2015 de près de 3000 enseignants (990 au secondaire, 1 750 au pré-primaire et au primaire), aux 350 dossiers du pré-primaire jugés «litigieux», etc.

 

 
GR
 

1 Commentaire

  1. BBTG dit :

    Je me demande ce qu’on fait avec 1 750 enseignants du pré-primaire alors que de nombreux gabonais dépensent le peu d’argent qu’ils ont dans les établissements privés et les nounous pour garder leurs enfants de 2 ans, 3 ans, etc.

    Les maternelles de nos établissements publics sont pire que des fourre-tout, plusieurs des femmes qui sont éducatrices prescolaires sont des rebuts du système scolaire gabonais qui sont plus préoccupés par les postes budgétaires pour assurer leur retraite plutot que d’assurer l’éducation des enfants.

    Moi j’ai fait mon prescolaire à nzeng-ayong dans une établissement public et j’en garde de très bons souvenirs, mais je ne crois pas que je peux mettre mon fils dans une structure publique à l’heure actuelle.

    Les autorités du ministère brillent également par leur manque de volonté clairement affichée. le ministre lors d’une interview sur une chaîne de télévision locale s’offusquait du fait qu’il y ait 8 enseignants pour une seule classe au pré-primaire, moi je vois plutot des lacunes managériales en termes de gestion des effectifs, de leur répartition équitable et de leur suivi. Mais également, des manquements en termes d’infrastructures, car certains établissements primaires n’ont aucune classe de préscolaire. Donc, l’égalité des chances pour les familles démunies c’est pas d’aussitôt. Même les haltes garderies qui aidaient plusieurs jeunes mères disparaissent ou dysfonctionnent.
    Le centre prescolaire de belle-vue 1 est un exemple de délabrement, une structure abandonnée alors que l’Etat prétend chercher des places. Comble des combles!!! Oh, Gabon où vas-tu comme ça?

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