L’homme aux 30 millions d’auditeurs jadis sur RFI travaillait, depuis 2012, dans le pool communication d’Ali Bongo. Gabon Adios, dira-t-il le 30 novembre prochain.

Vincent Garrigues. © D.R.

 

La communication présidentielle est naturellement et résolument parvenue à l’heure du renouvellement. Après Mactar Silla, après Anne Hommel et bien d’autres, Vincent Garrigues a annoncé, le 13 novembre dernier, qu’il quitte ses fonctions dans le service de communication du palais du bord de mer. Contrairement aux deux communicants précités, l’ancien journaliste de Radio France Internationale (RFI) s’en va, le 30 novembre prochain, pour des raisons de confort personnel. Notamment, de «rapprochement familial».

Recruté sans piston ni copinage à la faveur d’une offre internationale d’emploi, Vincent Garrigues a rejoint l’équipe de communication du palais du Bord de mer en septembre 2012. Il est ainsi devenu, selon l’expression de l’Agence Ecofin, l’un des «Spins doctors» du président gabonais, Ali Bongo. Ses attributions, selon le même média : conseiller en communication et en marketing politique du président de la République.

Au Gabon, l’ancien membre de la représentation diplomatique de la France en Afrique du Sud s’est déployé sur de nombreux chapitres, allant des relations médias à la conception de messages. Sa contribution dans le lancement de la chaîne gabonaise tout-info, Gabon 24, a notamment été remarquée, tout comme les forums corporates qu’il a mis en place sur les réseaux sociaux. Après trois bonnes années à se déployer sur différents fronts médiatiques, l’homme voulait certainement d’autres challenges, annonçant il y a deux ans déjà son besoin de partir. À la demande de ses employeurs et dans la perspective de la dernière présidentielle, il est resté, un peu comme pour ne pas lâcher les choses au milieu du gué.

La communication présidentielle ayant amorcé un processus de restructuration, visiblement autour d’un seul pôle animé par le Conseiller spécial chargé de la communication présidentielle, Ike Ngouoni Aïla Oyouomi, l’ancien journaliste du service Afrique de RFI a «choisi de ne pas prendre racine dans la structure en construction», estime l’un de ses camarades de travail, ajoutant : «Vincent pense qu’il faut passer la main, qu’il faut un peu de fraicheur, un peu plus de jeunes gens pour renouveler les choses. De plus, il veut lui-même aussi prendre un peu d’air». Il n’est donc nullement question de bisbille, de licenciement ou de rupture brutale avec ses employeurs, ainsi qu’on a pu le lire ça et là.

Ainsi après les départs de Mactar Silla qui a lancé, à Libreville, sa chaîne de télévision, Label TV, et une radio, Label Radio, et d’Anne Hommel, celui de Vincent Garrigues est peut-être le plus emblématique. Hasardeusement synchronique, il intervient en pleine mue de la communication présidentielle, notamment marquée par l’arrivée d’Ike Ngouoni au Porte-parolat de la présidence de la République. Avec le nouveau porte-voix d’Ali Bongo «il a pourtant de très bons rapports, tout comme il en avait avec Billie-By-Nzé», relève son collègue cité plus haut.

Titulaire d’un Diplôme d’études universitaires générales (DEUG), Vincent Garrigues est passé par l’Ecole supérieure de journalisme de Paris avant de se faire remarquer sur RFI où il a animé, 7 ans durant, l’émission Matin d’Afrique. Parallèlement, il intervenait dans la page cinéma d’Afrique Magazine (AM), le titre bien connu du groupe Jeune Afrique. Il rejoint, en 2005, le poste d’attaché audio-visuel à l’ambassade de France en Afrique du Sud ; sans doute une manière pour lui de renouer avec le pays où il s’était initié à la grosse actualité africaine : il était là en 1990 au moment de la libération de Nelson Mandela. Retournant à Paris, il y trouvera nécessairement de nouveaux challenges. «Bon vent, Vincent», lui ont souhaité bien de journalistes gabonais dans un groupe de discussion sur les réseaux sociaux.