Lancé en juillet 2015, ce site géré par la direction de la communication présidentielle n’a plus été actualisé depuis plus d’un an. Pourtant, son objectif était de démentir toutes les rumeurs autour de l’action du chef de l’Etat.

© Maxim Novikovski

 

«Remettre la vérité au cœur du débat», tel était l’objectif que la direction de la communication présidentielle (DCP) avait assigné au site stop-kongossa.com. Pourtant, depuis sa mise en ligne en juillet 2015, la plateforme numérique n’a plus rempli sa mission. Sa dernière publication date du 14 août 2015. La DCP tentait alors de rétablir la «vérité» au sujet du Nouveau système de rémunération (NSR) qui, à l’époque suscitait des doutes dans l’opinion et chez les fonctionnaires. Dix-sept mois après, doit-on dire que toutes rumeurs au sujet d’Ali Bongo et son action sont fondées ? Doit-on croire toutes les rumeurs autour de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football qu’accueille le Gabon, notamment celles autour de la prétendue tentative d’achat du dernier match ayant opposé les Panthères au Lions indomptables ? Certainement pas.

Le site stop-kongossa, mort de sa belle mort ? © Capture d’écran/Gabonreview

Si le site stop-kongossa.com n’a plus démenti aucune rumeur jusqu’à présent, l’on ne manque toutefois pas de s’interroger sur les raisons de son mutisme, alors que le porte-parole du gouvernement n’a pas cessé ces derniers temps de s’en prendre aux médias, qu’il accuse de relayer les «kongossa» plutôt que les informations. Lors de l’annonce de ladite plateforme, Alain-Claude Billie-By-Nze avait pourtant promis que ce site, loin d’être un média, envisageait de «mettre des éléments objectifs à la disposition du public et des organes chargées de traiter l’information». Toute l’année 2016, année de l’élection présidentielle au Gabon, il faut dire que le site de la DCP n’a pas beaucoup aidé les médias, alors qu’il aurait permis de comprendre un certain nombre de choses : les rumeurs liées à la préparation de la présidentielle, avec les accusations portées à l’encontre du pouvoir en place au sujet de prétendues tentatives de tripatouillages des votes, la répression des émeutes ayant suivi la réélection du président de la République, ses supposées discussions avec les diplomates européens et américains au sortir de la contestation populaire, la baisse des salaires des fonctionnaires, etc.

Le site qui visait à «rétablir la réalité des faits face à des rumeurs qui portent atteinte à l’image du Gabon, de l’Etat gabonais, de son peuple et de ses représentants» a semblé avoir cédé sa place à d’autres canaux de communication, tout aussi au service du pouvoir, à l’instar de Gabon 24. Lancée en mai 2016, la chaîne tout-info nationale s’est depuis positionnée comme le relai par excellence de l’action du chef de l’Etat, chargé de répondre aux rumeurs, quand le porte-parole du gouvernement ne s’en charge pas lui-même, lors de ses conférences de presse hebdomadaires. Dans la foulée, le site Timesgabon.com, proche du palais, avait supplanté voire s’était substitué à stop-kongossa.com.

Pour tous sujets, le site stop-kongossa.com avait cru bon de revenir sur les rumeurs liées à la venue de Lionel Messi au Gabon, l’atteinte aux libertés individuelles et aux droits politiques dont le gouvernement est accusé, les relations jugées «incestueuses et néocoloniales» entre le Gabon et la France, et la liberté de la presse et d’expression au Gabon.