Après un mouvement dit pacifique, les agents du Conseil national de la communication (CNC) ont entamé, le 27 octobre à Libreville, une grève pour réclamer de meilleures conditions de travail.

Une banderole accrochée sur le portail du CNC indiquant les revendications des employés de cette institution. © D.R.

 

A l’instar d’autres entités administratives, le Conseil national de la communication (CNC) navigue en eaux troubles. Les agents (fonctionnaires et main d’œuvre non-permanente) de cette institution sont entrés en grève le 27 octobre à Libreville. Espérant attirer l’attention de leurs responsables, ils réclament de meilleures conditions de travail.

Depuis la fin du mois d’avril, a expliqué un agent, le CNC ne reçoit plus les journaux. «Les services sont bloqués parce que le CNC régule à travers la presse ; notre premier support et outil de travail. La machine qui nous sert de contrôle des médias tant en radio qu’en télévision (monitoring) est en panne depuis le mois de février», a-t-il souligné.

Pour la rupture de la fourniture des journaux au régulateur, l’on explique cela par la dette de six millions de francs CFA vis-à-vis du fournisseur depuis le mois d’avril. «Le CNC ne peut pas être incapable de payer une facture de six millions. Ce n’est pas possible quand on sait qu’on a une autonomie de gestion financière. Des redevances des radios, télévisions et d’organes de presse sont gérées par nous. On ne peut pas être en train de subir ce type de problèmes», a révélé une source proche du dossier.

Dans ce sens, les agents se sont demandés comment les conseillers-membres arrivaient encore à réguler. «Si les Conseillers-membres vont en plénières, c’est par rapport au travail fait par la direction générale de l’audiovisuelle et de la presse écrite. Tant qu’on n’a pas l’information à l’instant T, on ne peut pas réguler. On ne peut même pas prendre la décision de venir proclamer à une plénière que tel a été sanctionné. Ce n’est pas possible», ont dénoncé les agents.

L’autre problème posé par le personnel du CNC est celui des primes. Depuis sept mois, en dehors des conseillers-membres et des conseillers techniques, les agents ne perçoivent plus leurs primes. Des primes dont les montants vont de 100. 000 à 300. 000 francs CFA. Or, ont allégué les agents, un conseiller-membre touche au moins deux millions de francs CFA. «Comment concevoir donc qu’on paie, chaque fin de mois, ces Conseillers-membres et les Conseillers techniques et on est incapable de payer les 125 agents qui ne perçoivent que des miettes ?», a interrogé un agent.

Pour les agents grévistes, «il y a manque de volonté pour régler ces petits problèmes». D’autant que trois réunions ont été organisées par le président du CNC, Jean-François Ndongou, avant d’aller en vacances, pour s’enquérir de la situation. Mais jusqu’ici rien n’a été fait malgré les assurances du président de cette institution.

La grève a débuté le 27 octobre 2017 et les agents comptent aller jusqu’au bout de leurs revendications. Pour eux, l’actuelle présidence ne s’activerait pas à trouver des solutions parce que le mandat des conseillers se termine en décembre, sinon en fin novembre.