La communauté Benga du Gabon, a commémoré le 26 novembre 2016, la fête traditionnelle du «Njdombe», représentant l’«arrivée à la mer» de ce peuple et leur «installation sur les côtes d’Afrique centrale». Cette manifestation a porté sur le thème «transmettre le patrimoine culturel, foncier et environnemental hérité de nos ancêtres, à nos générations futures».

Le peuple Benga autour de son chef traditionnel lors de sa migration. © Gabonreview

Le peuple Benga autour de son chef traditionnel lors de sa migration. © Gabonreview

 

La cour des Bengas, dans la commune du Cap Estérias a abrité du 25 au 27 novembre dernier, la célébration de la fête traditionnelle du «Njdombe», qui consacre le mythe fondateur de ce peuple. Cette commémoration intervient 34 ans après la dernière célébration de cette fête rassemble tous les rameaux de la communauté Benga. Le «Njdombe», magnifie une prophétie qui recommandât aux Bengas d’aller s’installer sur les rives du fleuve «Mune na Malângâ» qui fait référence à l’estuaire de Muni (Guinée Équatoriale) et celui du Komo Mondah (Gabon).

Les scènes de la migration Benga. © Gabonreview

Les scènes de la migration Benga. © Gabonreview

«La fête se célèbre normalement le 18 septembre, mais à cause des évènements postélectoraux, nous avions repoussé en cette date et on le devait avant en 2017. C’est pour permettre aux jeunes générations de connaître l’histoire des Bengas. Beaucoup de personnes croient que les Bengas sont au Gabon, depuis l’avènement de Macias Nguema en Guinée équatoriale en 1972. Or, nous sommes un peuple qui est arrivé sur la côte entre le 15 et le 16e siècle. C’est une page de notre histoire que nous récrivons au 20e siècle pour que désormais elle reste gravée dans les mémoires et chaque année nous fêterons le Ndjombe», a déclaré le premier conseiller du roi, Sébastien Oupolongo Batodou.

Cette renaissance du «Njdombe», a été rythmée de plusieurs danses : «Ivanga» (réservée exclusivement aux femmes), le «Udjengue», le «Njango» et le «Ukuyo». La représentation scénique de la longue migration du peuple Bengas partir de l’Egypte pour s’installer sur les côtes d’Afrique centrale, a constitué un grand moment de ce retour aux sources.

«Nous avons mimé la migration Benga en partant de la haute Egypte en passant par le Tanganyika et en parcourant la forêt et en luttant aussi contre les adversaires. Le premier adversaire c’était le peuple Ikieki, lequel n’était pas difficile pour le peuple Benga qui l’a vaincu. Puis il y a eu, le peuple Bacoco qui a aussi été vaincu. Le peuple farouche qui a donné du travail au Benga était le peuple itiéyitié. Ils ont fait fuir les Bengas qui se sont retrouvés devant le fleuve Okondjet qu’ils avaient du mal à franchir. Grâce à l’antilope aquatique Ndjombe qui a traversé la rivière que tout le monde craignait, la vieille femme Bokeli a à son tour traversé. Après la traversée de ce fleuve, les Bengas ont continué à marcher jusqu’au bord d’un grand étang d’eau. C’était l’océan. Ils ont longé la côte en restant, d’aucun au Cameroun, d’autres en Guinée équatoriale et au Gabon, les Benga et les Bakotas», a expliqué le premier conseiller du roi.

Les Bengas sont une population d’Afrique équatoriale, vivant principalement sur la côte atlantique du Gabon près du Cap Estérias, et de la Guinée équatoriale, notamment sur l’île de Corisco.