Signataire d’un Accord de partenariat économique (APE) portant sur le libre-échange, le Cameroun a entamé, le 4 août dernier, le processus de démantèlement tarifaire, en dépit des sommations de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).    

Paul Biya, le président camerounais, signant le décret portant sur les règles d’origine applicables aux produits en provenance de l’UE. © D.R.

Paul Biya, le président camerounais, signant le décret portant sur les règles d’origine applicables aux produits en provenance de l’UE. © D.R.

 

Un jour avant l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre le Cameroun et l’Union européenne, le président du Cameroun a signé un décret sur les règles d’origine applicables aux produits en provenance de l’UE. Désormais, les machines industrielles et de haute technologie ainsi que les produits de première nécessité, importés de l’espace UE, entreront sur le territoire camerounais avec un abattement des tarifs douaniers de 25%. Ce taux s’abaissera au fil du temps, de manière à s’annuler au bout de la 4ème année.

Selon l’accord entre le Cameroun et l’UE, un deuxième groupe de produits en provenance de l’UE sera libéralisé au bout de 9 ans. Parmi ces produits, l’on cite les «véhicules pour le transport des marchandises, les remorques, les tracteurs, d’autres machines et appareils industriels et électriques, des produits en fer ou acier et d’autres métaux bruts ou semi-finis, certains papiers et cartons, des produits en caoutchouc semi-finis, etc.». Au bout de 15 ans, à compter de l’entrée en vigueur de l’APE intérimaire, un troisième groupe de produits européens entrera au Cameroun en franchise des droits de douane. Il s’agit «de machines et de véhicules à usage privé, des produits agroalimentaires non produits ni transformés au Cameroun, et des produits de consommation de diverses natures».

Et pourtant, le président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) avait saisi, par écrit, le ministre camerounais de l’Economie. Pierre Moussa demandait alors à Louis Paul Motaze de «surseoir au démarrage du processus de démantèlement tarifaire jusqu’à la conclusion d’un accord régional». Peine perdu…