Le Conseil gabonais des chargeurs (CGC) aurait bloqué, pour facture impayée, une cargaison de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) au port d’Owendo. Cette situation serait à l’origine d’un ralentissement l’activité du Complexe métallurgique de Moanda (C2M).

Bateau chargé de manganèse au port (Illustration). D.R.

 

La tension serait montée d’un cran entre la direction générale du CGC et la Comilog ces derniers jours. Selon des sources concordantes, le CGC qui subit de plein fouet les contre-performances du secteur maritime où elle tire la quasi-totalité de ses revenus, taxe un peu plus les armateurs de navires minéraliers.

Des sources dignes de foi au sein de la CGC soutiennent donc que les difficultés économiques auraient poussé cette structure à prélever une double taxe sur les cargaisons de la Comilog : d’abord sur ses intrants, à l’instar du coke, ensuite sur ses produits à l’exportation. Pourtant, une convention existe entre l’Etat gabonais et la Comilog, validée par le Parlement, qui ne dispose nullement de cette double taxation. «Comment est-ce donc possible qu’aujourd’hui, le CGC décide de taxer tous les produits de cette société à l’import comme à l’export?», s’est interrogé une source de la Comilog, indiquant qu’«on ne peut pas venir du jour au lendemain, imposer à une entreprise comme celle-là de changer les règles brusquementCela n’a pas de sens».

La cargaison de Comilog «arraisonné» par la CGC étant chargée de coke, un intrant contribuant à la fonte du minerais, le fonctionnent normal de l’usine de Comilog se trouve menacé. Certains évoquent même l’éventualité d’une fermeture l’usine C2M à Moanda. Si des sources internes de cette entreprise indiquent que l’usine va fermer du 12 au 18 mars 2018 et qu’il s’agit d’une fermeture annuelle normale permettant la maintenance des équipements, nombreux pensent que cette fermeture temporaire serait une manière détournée pour l’entreprise de faire face à ce problème.

En décembre 2017, des bateaux de la Comilog avaient été bloqués au port d’Owendo pour les mêmes raisons. Sollicité par l’entreprise, le Premier ministre avait débloqué la situation, en donnant raison à la Comilog. Jusqu’où ira ce « bras de fer ». Interrogées par notre rédaction, aucune des parties n’a accepté de se prononcer sur la question.