Suppression du 13e mois, restriction des libertés syndicales, décisions contreproductives… autant de couleuvres avalées par le Syndicat des professionnels de la sécurité sociale (Sypross) qui réclame à la direction générale de la Caisse de sécurité sociale (CNSS) un retour à la normale.

Le président du Sypross, André Richard Ndi Bekoung. © i.ytimg.com

 

Réuni en assemblée générale, le 1er septembre à Libreville, le Syndicat des professionnels de la sécurité sociale (Sypross) a dépeint un tableau sombre de la situation au sein de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). «A ce jour, l’agent CNSS vit dans la psychose effroyable de voir la maison CNSS s’effondre du jour au lendemain», a déploré le président du Sypross.

Pour justifier son affolement, André Richard Ndi Bekoung a brandi plusieurs «faits alarmants» parmi lesquels, la volonté de la direction générale de supprimer le 13e mois. Pour la direction générale en effet, «le 13e mois n’est réservé que pour les entreprises qui produisent. Or, la CNSS ne produit rien. En conséquence, pas de 13e mois en décembre 2018». Un argument balayé par le Sypross, rappelant que «le 13e mois est un avantage conventionnel qui est octroyé à chaque agent de la CNSS au mois de décembre, conformément à l’article 42,14 de la Convention collective en vigueur».

Dans son chapelet de récriminations, le Sypross a également évoqué le non respect, par la direction générale, de l’accord négocié le 5 février entre les deux parties. Par ailleurs, le syndicat a regretté que «les décisions de la direction générale visant au redressement de l’institution, l’amélioration des conditions de vie de l’agent CNSS et l’instauration d’une justice sociale, suscitent de vives inquiétudes de la part du personnel».

En cette période de vaches maigres, le Sypross s’étonne que depuis le 27 août 2017 à ce jour, la direction générale ait procédé au recrutement massif de 300 agents et stagiaires. Mais aussi, à l’augmentation des postes de directeurs de 20 à 70, et des chargés d’études de 20 à 70. «Les décisions prises par le directeur général ont des effets négatifs sur le fonctionnement de l’institution», a alerté André Richard Ndi Bekoung.

Le leader du Sypross a notamment souligné que «la mise sur chèques des pensions des retraités de la CNSSS au mois de novembre 2017 a eu pour conséquence, la non perception des droits de plusieurs centaines de pensionnés dont les réclamations courent jusqu’à ce jour». De même, «la mise en place du guichet unique pour le traitement des dossiers de pensions crée un goulot d’étranglement dans la liquidation des nouveaux droits».

Cerise sur le gâteau, le syndicat a déploré la répression de la liberté syndicale au sein de la CNSS, caractérisée notamment par l’affectation disciplinaire des délégués syndicaux membres du Sypross et les délégués du personnel du Sypross. C’est le cas par exemple du président du Sypross. Technicien de l’immatriculation et du recouvrement au siège de Libreville, ce dernier a été affecté au Centre médico-sociale de Lastoursville, dans la province de l’Ogooué-Lolo.