Déplorant la gestion de l’actuelle équipe dirigeante de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), le Syndicat des professionnels de la sécurité sociale (Sypross) a déclenché une grève le 25 septembre à Libreville et à l’intérieur du pays. Un mouvement d’humeur «infondé» selon la direction générale, qui prévoit une répercussion sur les salaires.

Les leaders du Sypross avec Richard Ndi Bekoung (centre) lors du mouvement d’humeur, le 25 septembre 2018 à Libreville. © Gabonreview

 

Après 11 jours de préavis, le Syndicat des professionnels de la sécurité sociale (Sypross) a lancé un mouvement d’humeur sur l’ensemble des agences de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à travers le pays. Le syndicat reproche à la direction générale, « des choix inquiétants pour l’avenir de la maison, mettant à mal les acquis sociaux obtenus depuis fort longtemps».

Vue de quelques récriminations faites au directeur général de la CNSS. Et, Jean Firmin Ankele. © Gabonreview

Pêle-mêle, André Richard Ndi Bekoung a évoqué le recrutement massif avec la multiplication des postes à responsabilité depuis le 25 août ; le licenciement abusif des techniciennes de surface ; l’affectation des délégués syndicaux du Sypross ; le non paiement de l’allocation congé aux techniciennes de surface et le paiement tardif de ladite allocation à l’ensemble des agents ; la tentative de remise en cause du 13e mois ; la modification illicite de la date de paiement des salaires ayant pour conséquence les pénalités infligées aux agents ; etc.

«La mobilisation est forte dans tous les établissements de la CNSS, ce n’est pas une vue de l’esprit. C’est palpable aussi bien à Libreville qu’à l’intérieur du pays», a déclaré André Richard Ndi Bekoung. Ce dernier a déploré le peu d’enclin de la direction générale à trouver des solutions aux revendications du Sypross.

Disant être ouvert au dialogue, le syndicat a menacé de durcir son mouvement si rien n’est fait. «Pour l’heure, nous observons le service minimum. Et si rien n’est fait, nous allons durcir notre mouvement. Nous n’allons rien lâcher, nous allons continuer jusqu’à ce que l’administration accepte de négocier», a prévenu le syndicaliste. Evoquant le faible impact de cette grève sur le fonctionnement de l’institution, le conseiller juridique du directeur général de la CNSS a mis ce mouvement sur le compte du mécontentement du Sypross, face aux réformes engagées à la CNSS.

«S’agissant des salaires notamment, ceux-ci étaient payés au plus tard le 20 de chaque mois, avant l’arrivée de la nouvelle équipe dirigeante», a souligné le conseiller juridique de la CNSS. «Nous nous sommes rendus compte qu’en procédant de la sorte, il y a violation des dispositions du Code du travail. Nous avons donc ramené la date au 25. Cela s’est fait devant l’inspection du travail, après négociations avec les syndicats», a indiqué Jean Firmin Ankele.

Sur le point relatif à la suppression du 13e mois, le conseiller juridique a regretté le «manque de sérieux» du Sypross. «Avant de parler de 13e mois, il faudrait être au minimum au 31 décembre. Il faudrait attendre cette échéance pour constater oui ou non la suppression de cet avantage, avant de manifester. D’autant qu’une note de suppression du 13e mois n’a jamais été publiée. Ce qui nous laisse penser que les motivations de ce syndicat sont ailleurs», a-t-il souligné.

Soutenant par ailleurs que les points de réclamation du Sypross sont infondés, voire illégaux, Jean Firmin Ankele a affirmé que la «direction générale n’ira pas sur la table des négociations». Pis, rappelant que la CNSS est organisme privé, le conseiller juridique a prévenu que «les jours de grève seront déductibles du salaire des grévistes».