La Coalition pour la nouvelle République (CNR) est-elle en passe d’éclater ? Des membres de ce groupe politique présidé par Jean Ping ne cachent plus leur impatience, à l’instar de Jean de Dieu Moukagni-Iwangou estimant que rien n’évolue depuis la présidentielle d’août 2016.

Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, le 11 mai 2018, à Libreville. © Gabonreview

 

La CNR, ce groupe politique de l’aile dure de l’opposition gabonaise, ne sera bientôt plus que l’ombre d’elle-même. C’est en tout cas la prédiction faite par certains après l’entrée au gouvernement de quelques-uns de ses acteurs parmi lesquels Michel Menga m’Essone du Rassemblement Héritage & Modernité (RHM) et Jean de Dieu Moukagni-Iwangou d’Union & Solidarité (US). La sortie de David Mbadinga de la coalition, il y a plusieurs mois, en disait déjà long au sujet du pourrissement de la cohésion au sein du groupe. Les propos tenus par le président de l’US, vendredi 11 mai, ne sont pas plus rassurants.

«Ça fait deux ans que nous tournons en rond», a fait remarquer Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, alors qu’il tentait d’expliquer à l’opinion les raisons l’ayant conduit à accepter le poste de ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique au sein d’un gouvernement émanant d’un pouvoir qu’il a toujours décrié. Si l’opposant n’a pas manqué d’assurer que ses convictions sont restées les mêmes, il n’a pas non plus caché son agacement face à la posture de certains de ses camarades de l’opposition, y compris «ceux qui semblaient opter pour l’argument de la force» qui, selon lui n’aurait rien garanti de positif, ni pour eux-mêmes ni pour le pays.

Plus de 20 mois après la présidentielle d’août 2016, au sujet de laquelle il assure continuer de réclamer la victoire de Jean Ping, le président de l’US estime que rien n’a véritablement changé. Tout est resté en l’état. Mieux, «le temps des débats» semble se poursuivre au détriment du «temps de l’action» au sein de l’opposition. Jean Ping et la CNR ne semblent pas vouloir progresser. Pis, au moment où l’US proposait un «agenda» de sortie crise, son président affirme avoir été «combattu» au sein de la même Coalition, qui l’accusait par ailleurs de tenter de se «vendre» au pouvoir.

 «Ceux qui nous ont voués aux gémonies ne nous disent pas clairement de quoi il retourne. Autrement dit, peut-être seraient-ils pour l’argument de la force. Sauf que ça fait deux ans que nous attendons qu’ils le précisent», a-t-il déclaré, estimant que la meilleure démarche à suivre est la sienne. Pas sûr qu’il reçoive le soutien du président de la CNR. Certains appellent d’ailleurs au sein de la Coalition que RHM et l’US soient exclus.