Depuis plusieurs mois, le Syndicat des pharmaciens du Gabon (Sypharga) réclame le paiement d’une ardoise de plus de 4 milliards de francs CFA à la Caisse nationale d’assurance maladie et de sécurité sociale (CNAMGS). Les assurés pourraient bientôt pâtir de cette situation, en plus du risque d’une pénurie de médicaments dans le pays.

Le Sypharga réclame une ardoise de plus de milliards de francs CFA à la CNAMGS. © aho.afro.who.int

 

Si rien n’est fait d’ici au 30 juillet prochain, les assurés de la CNAMGS pourraient se voir refuser des prestations dans les pharmacies agréées. Et par ce temps de crise, cette éventualité est plutôt inquiétante. Selon les pharmaciens gabonais, seul le gouvernement peut éviter que l’on en arrive à cet extrême. Il suffirait que l’Etat se résolve à payer sa dette à leur endroit. Une dette que le Sypharga a évaluée, dimanche 23 juillet, à «plus de 4 milliards de francs CFA».

Cumulée depuis plusieurs mois, cette ardoise concerne principalement les prestations offertes aux agents publics. Or, selon le syndicat qui dit regrouper 90% des officines du Gabon, cette dette ne permet plus aux différentes structures d’honorer leurs charges courantes. Une situation qui peut avoir une conséquence plus lourde que l’arrêt ou la suspension des prestations aux assurés de l’administration publique : la pénurie de médicaments sur toute l’étendue du territoire national. En effet, le Sypharga précise que les grossistes ne parviennent désormais que difficilement à commander les médicaments à l’étranger, faute de liquidité.

A la suite de son assemblée générale du jeudi 20 juillet, le syndicat a informé la direction générale de la CNAMGS du retard dans le règlement de sa dette vis-à-vis des officines. Leur correspondance est restée sans réponse jusqu’à lors. Pareil pour celles adressées au Premier ministre et au ministre du Budget et des Comptes publics. Ni le gouvernement ni les responsables de la Caisse ne semblent se soucier des risques encourus, aussi bien par les assurés du Public que par les autres usagers des pharmacies.

Pour faire pression sur les autorités, les pharmaciens du secteur privé ont donné jusqu’au 30 juillet prochain le règlement intégral de la dette de la CNAMGS. «Passé ce délai, indique un communiqué du Sypharga, l’ensemble des officines conventionnées suspendra le service aux assurés des fonds 2 et 3», qui représentent les agents publics et les Gabonais économiquement faibles (GEF). Voici une situation qui vient une nouvelle fois jeter un doute sur la viabilité du système de financement de la CNAMGS.