En raison de la dégradation de la situation politique dans le pays, depuis l’annonce du décès du secrétaire exécutif de l’Union Nationale, le président de l’Observatoire national de la démocratie (OND), a appelé la population, le 22 avril dernier, à la sagesse, la retenue, la responsabilité et la tempérance.

Dieudonné Minlama Mintogo, président de l’OND, le 22 avril à Libreville. © Gabonreview

Dieudonné Minlama Mintogo, président de l’OND, le 22 avril à Libreville. © Gabonreview

 

La situation sécuritaire inquiète plus que jamais les acteurs de la société civile. Les indicateurs de tension et d’escalade de la violence semblent tous au rouge, au point de ne laisser personne indifférent. Et pour ne pas laisser les choses s’envenimer et créer l’exaspération auprès des populations, le président de l’Observatoire national de la démocratie (OND) a décidé, le 22 avril dernier, pour la deuxième fois consécutive en moins d’une semaine, d’appeler les populations en général et les hommes politiques en particulier à oublier leur guéguerre, le temps que la dépouille d’André Mba Obame soit accompagnée dans la dignité, le recueillement et la prière.

Sur la base de l’observation de l’évolution du climat social actuel et des critiques de la population, plusieurs faits inquiétants permettent d’attester, selon Dieudonné Minlama Mintogo, de la dégradation continue de la situation politique dans le pays. Il s’agit, entre autres, de l’incendie de l’ambassade du Bénin, l’arrestation de deux militantes de l’opposition, les accusations portées contre certains responsables politiques de l’opposition par un jeune compatriote prétendant être proche de l’Union Nationale, le déclenchement de l’opération Nguéné et tout dernièrement la découverte supposée d’une cache d’armes dans une île au large des côtes de Libreville. «Autant de faits qui font monter la pression auprès des populations qui, à tort ou à raison, n’hésitent plus à épiloguer sur l’éventualité d’un refus par le gouvernement de l’organisation d’une marche et des hommages populaires à la mémoire d’André Mba Obame», a-t-il déclaré.

Des indices suffisamment graves et inquiétants pour que l’on refuse encore d’admettre que le pays s’enfonce dans la crise politique, sécuritaire voire institutionnelle. «Une situation qui, si elle est effective et au vu du climat actuel, pourrait entrainer inéluctablement une escalade de violence aux conséquences incertaines», estime-t-il, avant de déclarer que «nous refusons que le Gabon soit détruit. À l’état actuel, ce qui est important est d’offrir un hommage national et mérité à André Mba Obame». «Au-delà de la douleur et de la tristesse qui nous accablent, nous devons tous privilégier l’accalmie pour que la dépouille d’Amo soit accompagnée dans la dignité, le recueillement et la prière tout au long de ces obsèques», a-t-il conclu.