Projet de révision constitutionnelle, Plan de relance économique (PRE), libre circulation, enquête internationale sur les émeutes postélectorales de 2016… Autant de sujets décryptés par les jeunes leaders de l’opposition, le 29 novembre à Libreville.

Isaac Abaga et Wolfgang Ebanega lors du déjeuner de presse, le 29 novembre 2017. © Gabonreview

 

Les jeunes leaders de l’opposition étaient de sortie le 29 novembre à Libreville. Plusieurs sujets de l’heure ont été abordés à cette occasion, à l’instar du climat politique national. Sur ce point, Isaac Ababa a estimé que les Gabonais dans leur majorité sont réalistes. «En dépit du fait, qu’on a participé à l’élection présidentielle dont on n’a pas été satisfait. Mais l’on est conscient que le pays ne peut rester figé dans le passé», a-t-il affirmé.

Sans transition, le jeune leader s’est appesanti sur le Plan de relance économique (PRE), dont il a évoqué les signes annonciateurs de changement. Notamment la confiance des bailleurs de fonds internationaux à la signature du Gabon. Et, la projection d’augmentation du prix du baril du pétrole à 40 dollars d’ici à 2018. «Si le gouvernement actuel y met la volonté politique nécessaire, il va considérablement réduire, à court terme, la pauvreté et donner du vrai sens à la réconciliation postélectorale», a déclaré Isaac Ababa.

Abordant la question du projet de révision constitutionnelle en cours, Rostand Ebanega a reconnu le manque criard en matière de communication. Toutefois, a-t-il affirmé, cette initiative ne saurait être rejetée. «Car dans l’ensemble, il permet de réelles avancées démocratiques sur plusieurs autres points. Et puis sur le plan électoral, d’autres avancées qu’on a obtenu sans besoin de faire la guère civile comme certains l’ont souhaité, mais grâce au dialogue d’Agondje», a-t-il argumenté.

Autre sujet abordé par les jeunes leaders de l’opposition : l’enquête de l’Onu sur les massacres liés à l’élection présidentielle d’août 2016. Une initiative tardive et inopportune, selon Stanislas Zue Ngame. D’autant qu’en «plus de la procédure judiciaire internationale en cours, le Gabon a tenu un dialogue politique qui a mobilisé presque toute la classe politique nationale», a-t-il souligné. De plus, a-t-il ajouté : «Les autorités ont annoncé une loi d’amnistie visant les auteurs des violences postélectorales dans l’intérêt de la cohésion nationale».

S’agissant enfin de l’ouverture des frontières en zone Cemac, Jacques Chirac Medzo Ebaré a estimé que la sous-région accuse un grand retard en matière d’intégration économique. Pour lui, le commerce transfrontalier, les flux migratoires des personnes et les flux des talents peinent à progresser. «L’ouverture des frontières constitue donc un remède à ces maux», a-t-il déclaré.

«En actant ce projet, le gouvernement gabonais s’oblige lui-même à rendre le Gabon compétitif, en accélérant la diversification économique, le climat des affaires, la formation des compétences nationales dans les secteurs telles que les nouvelles technologies», a conclu Jacques Chirac Medzo.

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga