Débuté en 2012 et abandonné en 2014, le chantier des 1000 logements de la Cité 3 dorades (3D) à Port-Gentil, a connu un regain d’intérêt en 2016 sous la houlette de Bruno Ben Moubamba, alors ministre de l’Habitat. Depuis son départ du gouvernement en septembre 2017, le chantier n’a plus jamais été évoqué.

Vue du chantier abandonné de la Cité 3D à Port-Gentil. © D.R.

 

A l’instar de Libreville, Port-Gentil est l’une des vitrines de la politique des logements sociaux impulsée par le chef de l’Etat. Et comme la capitale gabonaise, la cité pétrolière est l’un des symboles de l’échec de cette politique sociale. A Port-Gentil, l’exemple le plus marquant est certainement le chantier des 1000 logements de la Cité 3 dorades (3D), dans la zone de Ntchengué.

L’immense lotissement de 3D s’étend sur 800 000 m² et compte 827 villas, dont près de 300 déjà construites et 10 immeubles de trois étages abritant 140 appartements. Près de 26 milliards de francs avaient déjà été investis sur ce chantier débuté en 2012, et abandonné en 2014 faute de financement. Sur place, le chantier est totalement à l’abandon : des centaines de logements inachevés, sous-bassement à la pelle, «épaves» de matériels de construction… un «véritable cimetière».

En 2016, le gouvernement avait suscité l’espoir des populations à travers le ministre de l’Habitat de l’époque. Déterminé à «installer les populations dans un cadre conforme à la dignité humaine et dans le respect des lois», Bruno Ben Moubamba s’affairait comme un beau diable à la reprise de ce chantier. Un engagement qui avait conduit l’ancien ministre d’Etat à confier le chantier en décembre 2016, initialement attribué la Société nationale immobilière (SNI), au Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS).

En septembre 2017, Bruno Ben Moubamba a été débarqué du gouvernement. Depuis, le chantier n’a plus jamais été évoqué aussi bien par le gouvernement que par le FGIS. Dans la cité pétrolière, beaucoup ont d’ailleurs en horreur le stade Michel Essongué, situé non loin de la Cité 3D. Pour beaucoup, l’infrastructure construite pour abriter les matchs de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2017, symbolise l’échec des logements sociaux de Ntchengué. «Les milliards décaissés pour la construction de ce stade ne servant plus à rien aujourd’hui, auraient pu être utilisés pour achever les logements de la Cité 3D», regrette un notable de Port-Gentil. Pour l’heure, les populations rongent leur frein, en attendant une hypothétique reprise des travaux. Le FIG regarde ailleurs, vers les projets «très rentables».