Un jeune homme, de nationalité gabonaise, à peine la vingtaine d’années, à bord d’un véhicule de marque Sanyong arborant la plaque d’immatriculation commençant par le 111, celui de la présidence de la République gabonaise, est passé à côté du drame ce mercredi soir après un vol plané dans le lit d’une rivière asséchée.

La voiture accidentée dans le lit de la rivière assèchée - Désiré Dzonteu/gabonreview.com

La scène s’est produite dans l’après-midi du mercredi 29 août 2012, boulevard triomphal Omar Bongo, entre la sortie de l’Ancienne Sobraga et l’ambassade de Russie. Le véhicule est sorti de cette bretelle secondaire avec une allure largement excessive. Sans marquer le stop à cet endroit qui envoie sur la voie principale très pratiquée, pourtant obligatoire, au-delà du bon sens, il a voulu s’engager et le drame s’est produit.

Le conducteur du véhicule s’est vite retrouvé happé par le flot de voitures qui venaient du côté du Rond-point de la Cité de la Démocratie pour converger vers le centre-ville. Pour éviter le carambolage et surtout le choc avec l’automobile qui l précédait et roulait au ralenti afin de se garer dans une station de lavage, le conducteur a trouvé malin, dans l’hésitation et la panique, de braquer le véhicule vers le trottoir.

Du coup, il a détruit le mur de la station de lavage avant de s’envoler sur plus de quinze mètres pour s’enfoncer dans le flot herbacé de la rivière asséchée.

«Dieu a été là aujourd’hui. Il y aurait eu beaucoup de morts ici», a lancé une dame qui est passée de justesse à côté de l’écrasement. «Cette zone est très fréquentée dans la journée. Il y a les gens qui descendent des voitures pour rejoindre leur domicile, d’autres qui viennent dans les restaurants ici, il y a même toujours des voitures à la station. Mais rien n’a été touché. Dieu soit loué !», a déclaré un jeune Malien laveur dans la station.

Les sauveteurs se préoccupent de la santé du jeune homme tandis que lui rélise sa bètise - © Désiré Dzonteu/gabonreview.comAprès moult efforts, les premières personnes arrivées sur le lieu de l’accident ont pu ouvrir la portière arrière droite pour constater que le conducteur n’était autre qu’un très jeune homme. Visiblement sonné, il ne comprenait pas ce qui venait de lui arriver et se lamentait seulement sur le sort du véhicule. Légèrement blessé, il a, dans un premier temps, refusé d’être transporté à l’hôpital, souhaitant qu’on l’aide plutôt à extraire la voiture enfoncée dans la vase.

Il semble qu’il ne détenait aucun papier du véhicule et visiblement n’avait pas de permis. Car même s’il n’y avait que de la ferraille cassée à déplorer, le jeune  homme n’avait pas le cœur tranquille. «C’est un fils à papa qui a voulu faire sa course avec la voiture de service de son père», entendait-on dans la foule de badaud, espérant naïvement que la scène serve de leçon à d’autres inconscients.