La jeune réalisatrice gabonaise a été nommée à la 4e édition des Trophées francophones du cinéma pour son documentaire «L’africain qui voulait voler».

Samantha Biffot, en novembre 2015 à Libreville. © Gabonreview

Samantha Biffot, en novembre 2015 à Libreville. © Gabonreview

 

Présenté officiellement au public gabonais en novembre 2015 à l’occasion de la 10e édition des Escales documentaires de Libreville (EDL), «L’africain qui voulait voler» avait fait sensation dans la salle de spectacle de l’Institut français du Gabon (IFG). Visiblement, l’histoire que relate ce documentaire a également plu hors du pays et du continent. L’Association canadienne des Trophées francophones du cinéma (ATFCiné) a d’ailleurs tenu à ce qu’il fasse partie des films retenus pour la 4e édition de la compétition regroupant «les films issus du meilleur de la production cinématographique des pays membres de la Francophonie». Et le documentaire de Samantha Biffot, jeune réalisatrice gabonaise, concourra dans la catégorie «Trophée francophone du long métrage documentaire», aux côtés de cinq autres nommés.

«L’africain qui voulait voler», en projection le 23 novembre 2015 à l’IFG. © Gabonreview

«L’africain qui voulait voler», en projection le 23 novembre 2015 à l’IFG. © Gabonreview

«L’africain qui voulait voler», raconte le rêve, l’obsession et la détermination du gabonais Luc Benza, un jeune garçon, qui devient plus tard le premier africain à intégrer le temple Shaolin et à acquérir des techniques traditionnelles de kung-fu que seuls peu d’élus connaissent. Le film part de loin. Son scénario est retenu comme le meilleur lors de la 7e édition des EDL en 2012. Perfectionniste, bien que faisant face à des difficultés financières, la réalisatrice met trois ans entre l’écriture, la recherche de financements et le tournage. Le film aura finalement coûté 86 000 euros environs, soit plus de 57,3 millions de francs CFA. Des fonds mobilisés grâce à l’Institut gabonais de l’image et du son (Igis), l’Organisation internationale de la Francophonie et au partenariat avec deux structures privées belge et française.

«Je suis surprise, très honorée et fière d’avoir été retenue. J’avoue être intimidée par la qualité des autres nommés, en plus du fait que je sois la seule représentante de l’Afrique subsaharienne dans ma catégorie», a confié Samantha Biffot à l’annonce de sa nomination qu’elle juge «très importante» pour sa carrière. «Même si je ne gagne pas le soir du 3 décembre (date de la remise des prix à Beyrouth, ndlr), cette nomination me donne confiance en mon travail, et elle m’apporte surtout de la crédibilité et de la visibilité en tant que réalisatrice», a-t-elle indiqué. Pour Samantha Biffot, la participation d’un cinéaste gabonais aux Trophées francophones du cinéma permet également de braquer un projecteur sur le Gabon, «d’apporter une lumière positive sur sa création artistique qui souffre d’un manque de politique culturelle forte».