Membre du directoire de l’Union nationale (UN), François Ondo Edou perçoit les arrestations et autres gardes à vue visant des présumés détourneurs de l’argent public comme une «mise en scène» du pouvoir en place.

François Ondo Edou, porte-parole de l’Union nationale. © D.R.

 

L’arrestation de Magloire Ngambia, l’ouverture de l’enquête et les gardes à vue liées aux détournements à La Poste SA, ainsi que les demi-révélations de certains proches du pouvoir en place mettant en cause d’autres proches du président de la République, François Ondo Edou n’y croit pas un seul instant. Il s’agit, en réalité, d’un «film conçu, réalisé et mis en scène par Ali Bongo lui-même et ses communicants», estime ce 11 janvier le porte-parole de l’Union nationale (UN) dans un post sur Facebook. Pour lui, «il y a manifestement un plan de com que le pouvoir déroule sous nos yeux hagards».

La preuve de cette «manipulation qu’on sent à plein nez» : la trop grande facilité dans la transmission des «informations» et autres documents liés aux différentes affaires. «De mémoire de journaliste et acteur politique des 40 dernières années, je n’ai jamais vu le pouvoir accorder autant de facilité d’accès à des informations de première main. On sait avec force détails le contenu des interrogatoires à la DGR, ce qui, bien souvent, relève de secret défense», s’est-il étonné, appelant les Gabonais et particulièrement les journalistes à la «prudence» et à éviter de relayer les «faux scoops».

Pour l’ancien journaliste, cet écran de fumée supposé cache maladroitement le malaise des autorités et leurs difficultés à tenir devant «une opposition qui ne lâche pas prise depuis le coup d’Etat électoral» d’août 2016. François Ondo Edou croit d’ailleurs avoir compris qu’«Ali Bongo cherche désespérément à détourner l’attention de l’opinion», craignant des sanctions de la part de l’Union européenne. Y parviendra-t-il ? Nul ne le sait.

N’empêche, «l’autre vérité, pense François Ondo Edou, est que le Gabon sera soumis dans les prochaines semaines à un plan d’ajustement structurel qui exigera une diminution drastique des salaires des Gabonais. Il faut, par tous les moyens, préparer le peuple à avaler cette pilule très amère. Alors, on utilise les bonnes vieilles recettes : placer des comparses en première ligne, les livrer à la vindicte populaire et attendre que la vague passe. C’est cela le dessein. Raison pour laquelle le pouvoir utilise les médias proches de l’opposition, histoire de mieux atteindre les couches populaires qui lui sont hostiles