Le président de la Fondation Mo Ibrahim dont la mission d’aider l’Afrique à se débarrasser de ses dictateurs corrompus, est convaincu qu’Ali Bongo a volé sa victoire au dernier scrutin présidentiel.

Mohamed «Mo» Ibrahim. © KoKoriKo AfriKa

Mohamed «Mo» Ibrahim. © KoKoriKo AfriKa

 

S’exprimant en marge de la présentation de l’indice annuel 2016 sur la gouvernance en Afrique, en début de mois à Londres, Mohamed «Mo» Ibrahim s’est prononcé sur le dernier scrutin présidentiel au Gabon. Selon le milliardaire anglo-soudanais et entrepreneur de renom dans le domaine des télécommunications, l’élection du 27 août dernier n’a pas été remportée par Ali Bongo.

Un moment du scrutin présidentiel du 27 août 2016 au Gabon © static.euronews.com

Un moment du scrutin présidentiel du 27 août 2016 au Gabon © static.euronews.com

«Je veux dire, la récente élection au Gabon, tout le monde sait qu’elle a été volée : Ali Bongo n’a pas gagné, un point un trait», a affirmé le président de la Fondation Mo Ibrahim, qui s’est fixée comme mission d’aider l’Afrique à se débarrasser de ses dictateurs corrompus. «Et les gens ont les chiffres, j’ai les chiffres. Je sais exactement comment les Gabonais ont voté», a-t-il ajouté, déplorant au passage le manque d’indignation de la communauté internationale à ce sujet.

«Les gens disent que l’élection s’est déroulée normalement, que personne n’a été tué… et qu’après tout, c’est une lutte familiale. Ce sont des beaux-frères. C’est la famille, donc ça n’a pas d’importance», a déclaré Mohamed Ibrahim, un brin alarmiste. «Je ne sais pas, mais cela ne peut pas continuer comme ça. Sérieusement ! Cela doit s’arrêter et il est temps de prendre une position ferme contre ces leaders», a-t-il lancé.

En effet, l’homme d’affaires a présenté le Gabon et le Sud Soudan comme deux pays où la longévité au pouvoir est érigée en norme. «Si vous êtes corrompu, vous avez peur de quitter Ces fonctions parce que vous ne savez pas ce qui va vous arriver», a-t-il affirmé, avant d’ajouter : «Ce que les gens font, c’est qu’ils apprennent à voler les élections. Parce que cela apparaît moins brutal de dire : Je suis président à vie».

Pour le président de la Fondation Mo Ibrahim, les leaders africains adoptent ainsi une démarche moins «brutale» pour s’éterniser au pouvoir. Notamment comment bourrer les urnes, changer les chiffres, etc. «Donc, le résultat est exactement le même. Certes tous les Africains n’utilisent pas la fraude, mais c’est à peu près un tiers ou un quart de nos pays qui souffrent de ce phénomène», a déclaré Mohamed Ibrahim. Une sortie qui devrait jeter encore un peu plus de discrédit sur la victoire d’Ali Bongo à la dernière présidentielle.