A la faveur d’une brève réunion, jeudi 8 mars, avec des membres du gouvernement concernés par les chantiers de l’Education nationale, le président de la République a exprimé sa colère devant la lenteur enregistrée dans la mise en pratique de ses promesses.

Ali Bongo a enjoint le gouvernement de mettre “rapidement” en application ses décisions du 31 décembre 2017. © DCP-Gabon

 

Plus de deux mois après leur annonce, les chantiers de l’Education censés améliorer les conditions d’apprentissage des élèves gabonais à travers le pays n’ont toujours pas été lancés. La lenteur du gouvernement est loin de ravir Ali Bongo qui, à la faveur d’une réunion avec le Premier ministre et quelques ministres concernés, n’a pas hésité à hausser le ton et taper du poing sur la table.

«J’avais indiqué que je souhaitais que nous puissions revaloriser et remettre en état les salles de classes. Je suis au regret de constater que, non seulement ça n’a pas été fait, mais qu’en plus, nous avons un certain nombre d’écoles dans ce pays qui n’ont d’école que de nom, mais qui n’y ressemblent en rien, et dont certaines peuvent être qualifier de porcheries», a adressé, un brin menaçant, le président de la République aux membres du gouvernement.

Si Ali Bongo est apparu autant déçu du gouvernement, c’est parce qu’il croit que la réhabilitation des écoles et des salles de classes est possible…même en temps de récession. Il a pris pour exemple la récente action de la Première dame Sylvia Bongo Ondimba qui, pour 16 millions de francs sur ses fonds propres, a réhabilité une école à Libreville dans le cadre de la dernière Journée citoyenne. «Je ne vois pas pourquoi, pour faire appliquer la décision qui est la mienne, il faille tout ce temps, alors que nos enfants apprennent dans des conditions extrêmement déplorables. Dans certaines écoles, les enfants en viennent à aller se soulager dans la nature comme des animaux, comme des bêtes», s’est-il plaint.

Se disant surpris par «l’attentisme» des membres du gouvernement, Ali Bongo, comme un dernier avertissement, les a enjoint de mettre en application «le plus rapidement possible, dans de bonnes conditions, en respectant nos lois en matière de passation des marchés (publics)» ses mesures annoncées le 31 décembre 2017. Il n’a pas manqué de leur rappeler qu’ils n’ont pas été nommés «pour s’enrichir». A leur endroit, le chef de l’Etat a finalement lancé : «Le temps de l’action est venu, et je veux voir de l’action !» Espérons que ses instructions soient mises en pratique cette fois.