En prévision de la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations-unies sur les changements climatiques (Cop 21) de décembre prochain à Paris, le Gabon entend développer un projet de lutte contre le réchauffement climatique en rapport avec les quantités de gaz à effets de serre retenues.

La forêt, havre de biodiversité et puits de carbone. © i1.wp.com/blog.cifor.org

La forêt, havre de biodiversité et puits de carbone. © i1.wp.com/blog.cifor.org

 

Le Gabon réserve une belle surprise à la 21e conférence des parties à la Convention-cadre des Nations-unies sur les changements climatiques (Cop 21) prévue fin décembre prochain à Paris. Notre pays envisage, en effet, de soumettre, lors de ces assises, un projet de lutte contre le réchauffement climatique en rapport avec le stockage du carbone. Initié par l’Institut de recherche en écologie tropicale (Iret), en partenariat avec le Programme des Nations-unies pour l’environnement (PNUE), ce projet doit permettre d’avoir une estimation fiable des stocks de carbone dans les forêts du Bassin du Congo, deuxième massif forestier de la planète, après l’Amazonie, s’étendant sur 228 millions d’hectares (26% des forêts tropicales du monde), englobant le Congo, le Cameroun, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale, la République démocratique du Congo (RDC) et le Gabon.

Selon le directeur de l’Iret, ce projet vise à développer une équation arithmétique faisant le lien entre la taille d’un arbre, son diamètre et sa hauteur, pour avoir la quantité de carbone contenue dans le bois. «Les études sont menées dans la concession forestière sous aménagement durable de la société forestière Rougier Gabon, opérant dans la zone du Mont de Cristal au nord-ouest de Libreville», a expliqué Alfred Ngomanda, ajoutant que les travaux devraient déboucher sur une meilleure gestion des forêts. Ils devraient permettre une meilleure évaluation des stocks de carbone contenus dans les forêts gabonaises. Selon lui, chaque pays présente une situation différente en matière de déforestation. «Toutes les études scientifiques démontrent que si l’on arrête la déforestation et la dégradation de nos forêts, les quantités de stocks de carbone non émises dans l’atmosphère vont réduire significativement les gaz à effet de serre (GES)», a-t-il poursuivi, ajoutant que sur le plan économique, la gestion durable des forêts permet de tendre vers un marché du carbone. A ce titre, a conclu Alfred Ngomanda, «la communauté internationale pourrait ainsi mettre à disposition des Etats vertueux, des financements quant à la réduction des GES».

Pour rappel, ce projet est financé à hauteur de 13 millions de dollars US pour l’ensemble des pays de la sous-région, et mis en œuvre par la Commission des forêts de l’Afrique centrale (Comifac) et le ministère des Eaux et Forêts. Il répond aux recommandations de la conférence annuelle de l’Onu sur le climat (Cop 20), organisée à Lima, au Pérou, en décembre 2014.