Lors de sa rencontre du 7 mars 2018 avec les leaders des partis de l’opposition à Libreville, le ministre de l’Intérieur, Lambert-Noël Matha, a annoncé la mise en place du Centre gabonais des élections (CGE), l’une des étapes primordiales à l’organisation des législatives du mois d’avril 2018.

Lambert-Noël Matha et les membres de l’opposition, le 7 mars 2018, à Angondjé. © Gabonreview

 

Le ministre de l’Intérieur a reçu le 7 mars à Libreville les leaders des partis de l’opposition. Jouant la carte de l’apaisement, Lambert-Noël Matha a présenté les étapes de la mise en place du Centre gabonais des élections (CGE). Une instance devant remplacer la Commission nationale électorale autonome et permanente (Cenap).

Alors que les rumeurs enflent autour d’un nouveau report des élections législatives devant être organisées, en principe, au plus tard le 28 avril 2018, selon la Cour constitutionnelle, Lambert-Noël Matha n’a pas voulu s’avancer sur ce calendrier.

Il a plutôt insisté sur l’imminence de la mise en place du CGE. «Le CGE est une émanation des acteurs politiques que vous êtes, que nous sommes», a rappelé le ministre de l’Intérieur, s’appuyant sur les recommandations du Dialogue politique d’Angondjé.

Avec le CGE, a-t-il dit, «les règles du jeu ne seront fixées ni par l’exécutif ni par le parlement, mais par les acteurs politiques eux-mêmes». «Cette instance qui va être mise en place, nous la souhaitons la plus compétente possible, la plus efficace possible, parce que c’est nous-mêmes qui l’avons souhaitée, pour que nous puissions taire, d’une manière définitive, tout ce qui est à l’origine des lendemains électoraux mouvementés», a plaidé le chef du département de l’Intérieur.

Les préalables de la mise en place du CGE reposent sur l’élection du président. Ce président sera élu par un collège spécial qui comprend cinq membres de la majorité et cinq membres l’opposition. Avant d’arriver à l’élection de ce président, l’on passera par la mise en place, via le ministre de l’Intérieur, de la Commission ad hoc chargée d’examiner les candidatures. Elle est également composée de huit membres dont quatre de la majorité et quatre de l’opposition. «Cette commission ne fait qu’examiner les candidatures qui seront soumises à un collège spécial qui, lui aussi, est mis en place par le ministre de l’Intérieur. Il comprend dix membres choisis de manière paritaire. Ce sont eux qui procéderont à l’élection du président du CGE», a expliqué M. Matha.

Pour le ministre de l’Intérieur, ce président devrait naturellement jouir de ses droits civiques et politiques et doit avoir une connaissance du process d’organisation des élections. «Il ne faudra pas que nous mettions à la tête de cette structure quelqu’un qui viendra apprendre, mais qui a déjà une expérience du processus électoral de notre pays», a-t-il souhaité.

Toutefois, les partis d’opposition ont émis des réserves sur la formulation finale de certains articles relatifs à la composition du CGE qui dénatureraient les moutures originales des travaux d’Angondjé. Selon l’opposition, cette transcription introduit le ver dans le fruit. Si l’esprit des recommandations des travaux n’est pas respecté, l’on s’achemine droit vers le chaos habituel.