Ils ont marqué l’actualité judiciaire, mais n’ont jamais abouti malgré l’ouverture d’enquêtes officielles. Aucune recherche ne s’est jamais refermée sur des coupables. La liste n’est pas exhaustive.

Investigation. © Gabonreview/Shutterstock

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Qu’ils soient Gabonais, étrangers, mineurs ou adultes, hommes politiques, membres de la société civile ou artistes, plusieurs «innocents» ont perdu leurs vies pour des raisons souvent difficiles à comprendre. Les familles de ces «oubliés» de la justice attendent désespérément que l’autorité judiciaire les surprenne en annonçant, un jour, l’aboutissement des enquêtes avec un coupable sous la main. Beaucoup ont fini par se résoudre à l’idée que les fautifs, évanouis dans la nature, ne seront jamais retrouvés. Soit l’enquête a démarré et n’aboutit pas. Soit elle n’a jamais été lancée, malgré les assurances multiformes données par les autorités judiciaires sur leur détermination à lever le voile sur ces affaires. Les sessions criminelles se succèdent, mais ces dossiers ne sont jamais inscrits au rôle, depuis plus de vingt ans pour les plus anciens. Ce phénomène de crimes non élucidés n’est certainement pas propre au Gabon, mais il reste que «comparaison n’est pas raison». Et certaines familles n’ont jamais pu faire le deuil de leurs défunts pour ces raisons.

Quelques-unes de ces affaires en attentes de réponses

Germain Mba : Présenté comme l’un des vrais et rares patriotes intransigeants face à la dictature et l’imposture du pouvoir gabonais d’alors, prêt à aller au bout de ses idées et ses actes, il a été abattu le 17 septembre 1971 par deux mercenaires alors qu’il rentrait chez lui en compagnie de sa famille. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Djoué Dabany : Chef d’état-major de l’armée, il a été déclaré porté disparu dans les environs de Ndjolé, le 20 février 1978, dans l’accident d’un hélicoptère de type Puma qui se rendait à Franceville. Promu colonel à titre posthume le 1er juillet 1979, il est, six ans plus tard, déclaré mort en service commandé et rayé des contrôles de l’armée, le 24 avril 1985.

Joseph Rendjambé : Premier secrétaire général du Parti gabonais du progrès (PGP), considéré comme un opposant teigneux, il a été assassiné dans la nuit du 22 au 23 mai 1990, au sortir de la Conférence nationale tenue le mois précédent, et au cours de laquelle il joua un rôle capital.

Doukakas Nziengui : Co-fondateur de l’Union du peuple gabonais (UPG), cadre de la Société d’énergie et d’eau du Gabon, il est arrêté le 25 septembre 1989 pour tentative de coup d’Etat. Sans mandat de perquisition, son domicile est mis à sac. Plusieurs effets personnels vont être emportés et ne seront jamais restitués à sa famille. Le 16 octobre 1990, il meurt à la prison centrale de Libreville. Son décès n’a pas été révélé de suite à sa famille.

Martine Oulabou : Enseignante et militante pour une école moderne, elle trouva la mort sous des balles de fusil le 23 mars 1992 lors d’une manifestation de contestation. Les coupables, vraisemblablement des policiers affectés au maintien de l’ordre, n’ont jamais été retrouvés.

Serge Egniga : Artiste, musicien-chanteur, il a été retrouvé gisant sur la voie ferrée dans la commune d’Owendo dans la nuit du 13 au 14 septembre 2003. La présence de nombreux hématomes sur son corps avait mené à la thèse d’un assassinat.

Amadou Yogno : Transporteur d’origine camerounaise, il aurait compté 46 ans aujourd’hui. Il a été froidement assassiné le 21 janvier 2013 aux environs de Ndjolé, dans la province du Moyen-Ogooué. Cette affaire fut le déclencheur d’une des plus grandes vagues d’indignation contre les crimes dits rituels. Deux ans après, le flou est resté intact, même si une personne a été condamnée.

Marcel Mayombo : Parti en manœuvre militaire, le 14 décembre 2011 près de Ndendé dans la province de la Ngounié où se trouve le Centre d’instruction de la 6e région militaire de Mouila, l’adjudant-chef n’est jamais revenu avec le groupe dont il faisait partie et qui comprenait de nouvelles recrues. L’affaire tarde à trouver une issue.

Marie-Catherine Ntsame Ovono : Victime d’une tentative d’éventrement, la gamine a survécu miraculeusement. Le trio de présumés éventreurs est incarcéré depuis le 12 juin dernier à la prison centrale de Libreville, où il attend d’être jugé. Après la dernière sortie du procureur, le dossier est tombé aux oubliettes, suscitant moult interrogations et insinuations. Pour certains, les «mousquetaires» ne seraient plus au Gabon…