La deuxième semaine de causeries initiées en vue de maintenir les populations acquises au changement, dans une posture de résistance, a commencé à mobiliser du monde.

Jean Ping à avéa. © Gabonreview

 

Alors qu’on la croyait à bout de souffle, la résistance de l’opposition coalisée autour de Jean Ping a donné des signaux de remobilisation le samedi 1er juillet 2017, à travers les arrondissements de la capitale. Après l’entame de ces rencontres le 24 juin, les principaux acteurs de cette famille politique ont poursuivi leurs causeries dans chaque arrondissement de Libreville, pour entretenir la flamme de la résistance auprès des populations.

La coalition mobilise dans les quartiers.© Gabonreview

Au quartier Avéa, dans le 2e arrondissement, la causerie conduite par Jean Eyeghe Ndong a reçu l’appui contre toute attente de Jean Ping. Une excellente surprise pour la population du quartier qui s’est montrée, au contact de son «champion», dans une joie à la limite de l’hystérie. Un échange interactif avec celui qui continue de réclamer sa victoire à la présidentielle d’août 2016 a couronné la rencontre.

Les différentes interventions étaient orientées sur la stratégie à mettre en place pour la reconquête du pouvoir. Jean Ping qui croit en la démarche d’une résistance pacifique, a indiqué qu’il n’abdiquera jamais. «Je serai toujours du côté du peuple», a-t-il affirmé. Interrogé sur l’éventualité d’un dialogue avec Ali Bongo, Jean Ping a une fois de plus marqué son refus. «Je ne cherche pas les postes. Il faudrait que ce cycle qui consiste à voler une élection et ensuite convoquer un dialogue pour se partager les postes s’arrête. Depuis 1993 où Paul Mba Abessole s’est fait voler sa victoire pour qu’ensuite on appelle à la paix des braves, ajoutez à cela les cas de Mba Obame. C’est le peuple qui en souffre. Et après on vient nous parler du dialogue d’Angondjé où on a presque scellé ad vitam aeternam le règne d’une famille au pouvoir. Vous trouvez ça normal ?», s’est-il interrogé, avant d’appeler tous les Gabonais à la résistance. «Quelle que soit la durée de la nuit, le jour apparaitra toujours», a relevé le natif d’Omboué, persuadé qu’Ali Bongo quittera le pouvoir.

Peu de temps avant l’arrivée de Jean Ping, Jean Eyeghe Ndong a exhorté la population à s’approprier le combat de la reconquête du pouvoir. Pour lui, cette situation n’est pas à prendre à la légère. C’est pourquoi, estime l’ancien Premier ministre, «qu’on ne doit pas se contenter de venir écouter les intervenants, rentrer chez soi, boire une bière et dormir». La jeunesse doit singulièrement être interpellée, car c’est de son avenir dont il est question, a incité Eyeghe Ndong.

La coalition mobilise dans les quartiers.© Gabonreview

Concernant la question des législatives, l’opposant s’est montré on ne peut plus cohérent, en soulignant qu’«au stade actuel, le problème ne se pose pas…on n’a pas encore réglé le problème de l’élection présidentielle. Si on va aux législatives, c’est une manière d’accepter Bongo toujours à la présidence», a-t-il fait observer, relevant que «tant qu’il sera là, il va tout faire pour avoir une assemblée majoritairement composée de Pdgistes (PDG au pouvoir)».

A propos d’une ligne directrice à prescrire à la population, notamment l’exécution d’«un plan B», Paule Edna Magamamuketu, venue représenter la société civile, a fait savoir que chacun en ce qui le concerne doit œuvrer à la désobéissance civile. Dans son lieu de travail où partout ailleurs, le boycott doit être le maitre mot. S’être opposé à la Coupe d’Afrique des nations par exemple fait partie des postures à adopter, pense le membre de la plateforme féminine «Femme lève-toi». De même, elle a rappelé aux femmes que «faire le sport, ce n’est pas qu’avec la fille d’Asselé (allusion aux journées sportives réservées aux femmes organisées par la ministre des sports)».

Les prochaines causeries sont prévues pour la semaine prochaine dans des lieux qui restent à définir.

Auteur : Alain Mouanda