Réagissant à la décision de la Cour constitutionnelle de mettre un terme aux activités de l’Assemblée nationale et du gouvernement, le vice-président de l’Union nationale (UN) a affirmé, le 3 mai à Libreville, qu’il s’agit d’une décision de haute politique et non de simple droit constitutionnel.

Le vice-président de l’Union nationale Casimir Oye Mba. © Gabonreview

 

En mettant un terme aux au «mandat» de la 12e législature et en transférant au Sénat les prérogatives dévolues à l’Assemblée nationale et en décidant de la cessation de fonction du gouvernement, la Cour constitutionnelle aurait outrepassé ses droits et manifestement affiché «la nouvelle position qu’elle veut occuper dans le nouvel édifice institutionnel». Tel est la lecture de l’Union nationale (UN) faite par son vice-président, qui s’est exprimé sur cette actualité le 4 mai à Libreville.

«La cour Constitutionnelle aurait dû se limiter à constater la vacance de l’Assemblée nationale, et laisser à l’autorité qui en a la compétence constitutionnelle, le soin de révoquer le gouvernement et de prendre les mesures qui conviennent pour renouveler l’Assemblée nationale. En procédant comme elle a fait, elle instrumentalise l’impossibilité de contester ses décisions judiciaires au service d’une cause politique, à savoir : servir un pouvoir qu’elle a désigné et installé», a expliqué Casimir Oye Mba.

Les membres de l’Union nationale. © Gabonreview

Pour lui, l’objectif visé était de parvenir à un nouveau report des élections sans être obligé de proroger de nouveau, le mandat des députés. «Il s’agit du déroulement d’un scénario concocté à l’avance, dont la Cour constitutionnelle connaît parfaitement les détails et les objectifs. Les retards du renouvellement de l’Assemblée nationale ne peuvent pas être imputables au seul gouvernement. La responsabilité première dans la non-tenue des élections législatives incombe à celui qui est au centre de l’édifice institutionnel, qui préside le Conseil des ministres et signe les décrets. Il se trouve qu’il est aussi le principal bénéficiaire de cette situation qu’il entretient», a-t-il indiqué.

Convaincu, qu’il s’agit de la réalisation par la Cour constitutionnelle d’un véritable coup d’État institutionnel au service de la conservation du pouvoir, Casimir Oye Mba a soutenu que «c’est un coup d’État contre le peuple gabonais, détenteur de la souveraineté nationale, mais désormais privé du droit de désigner ses représentants, notamment celui d’avoir à l’Assemblée nationale, une majorité qui pourrait déstabiliser le président».

Condamnant la décision de la Cour constitutionnelle et s’inquiétant de la gravité de la crise institutionnelle dans laquelle cette décision aurait plongé le Gabon, l’UN se propose de saisir largement la communauté internationale. Il s’agit notamment des partenaires techniques et financiers et les organisations internationales s’occupant des parlements.